Lettre N°12
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Février 2005

C
hers Amis,

Avec la dernière lettre, nous avons terminé notre regard sur l’année liturgique. Mois après mois, notre contemplation s’est réjouie des mystères du Christ. C’est ainsi qu’opère la sagesse de l’Eglise à travers le temps : permettre au Christ de poursuivre son Incarnation en chacun de nous, jusqu’à ce que nous acquérrions pleinement son Esprit et que nous finissions par penser, parler et agir comme Lui. En effet, dit saint Paul : Vivre, c’est le Christ. Là se trouve la lente mais extraordinaire mutation de notre existence, la formidable grâce de sauter hors de cette vieille vie…

Nous ne savons pas d’emblée à quel point le mystère de la présence du Christ en nous peut s’approfondir. Il n’y a aucune limite à cette joie indescriptible, à laquelle nous sommes promis et qui va jusqu’à notre totale divinisation. Le Christ devient homme en nous pour que nous devenions dieu. Nous l’avons déjà dit : c’est une histoire d’amour ! Mais l’amour est toujours réciproque dans cette Alliance, puisqu’elle est nuptiale, et il ne se passera jamais rien, nous serons les mêmes demain qu’aujourd’hui, si nous ne prenons pas les moyens, au jour le jour, pour une transformation effective.

Nous vous proposons donc de réfléchir concrètement à ces moyens tout au long de nos prochaines lettres et de découvrir comment notre foi n’est pas seulement une « sagesse », mais encore une « pratique ». Cela tombe bien pour commencer, car le Carême est à notre porte, temps où la grâce nous est offerte pour un retournement profond et un changement de vie, si nous le voulons, radical.

Le premier de tous les moyens, sans lequel les autres n’ont aucune efficacité, c’est évidemment la prière. Ce n’est que dans la prière que le Christ peut nous atteindre et que nous pouvons le rencontrer. Mais pour que cette rencontre soit un feu nuptial, au-delà des mots que l’on récite, ou de notre indifférence habituelle, il faut deux choses : d’une part un travail sur soi, ce qu’on appelle l’ascèse, pour se libérer de ses dépendances, de ses passions, et d’autre part une certaine ardeur. L’un conditionne l’autre. Tant que le corps vit dans les passions, il tient captif l’esprit qui est alors incapable d’une ardeur quelconque.

Chacun connaît ses passions, ses préférences : où penche constamment mon coeur ? c’est là qu’est mon trésor …et non en Dieu ! (Mat 6,21). Le tout, c’est de découvrir laquelle de ces passions me domine et de l’éradiquer peu à peu. Il ne s’agit pas de supprimer une passion, mais de réorienter son énergie vers Dieu. Alors mon esprit se passionne pour Dieu seul, l’ardeur vive est possible et la prière se met à jaillir. Les deux démarches ne sont pas chronologiques, bien- sûr : l’ascèse accompagnera notre prière tout au long de notre vie, on n’a jamais fini d’être purifié ; mais à mesure que notre coeur est pur, il voit Dieu (Mat 5,8), c'est-à-dire il s’enflamme pour Lui et la prière devient de plus en plus fervente. Et plus elle est fervente, plus elle gagne du terrain et moins elle s’arrêtera. Il y a un saisissement du coeur qui fait que, sortant du temps départi à la prière, celle-ci se prolonge longtemps et s’étend souvent à toute la journée par un échange secret sans paroles, un dialogue incessant de coeur à coeur avec le Christ. Cela signifie que le temps se transforme, il se spiritualise ou, plutôt, il devient transparent à l’éternité qui l’habite.

Cette perception est un signe de notre propre transformation. Nous nous éveillons au Royaume des Cieux qui est au-dedans de nous (Luc 17, 21). Nous expérimentons notre dimension céleste, non conditionnée. « L’Homme Nouveau » se développe, le processus de notre conversion est en route. La prière est vraiment cet instrument de forage du temps mortifère, dans lequel nous nous trouvons exilés, vers l’éternité qui est notre profondeur retrouvée en Christ, où la perspective que nous avons du monde et de la vie n’ont plus rien de commun avec la vision païenne d’auparavant. Le voile épais de la raison qui opacifie tout est déchiré et Dieu brille en nos coeurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu qui est sur la face du Christ » (2Co.4,6).

En pratique, il est essentiel d’avoir un temps-fort, ou même deux, dans la journée : le matin et le soir. Ce n’est pas une question de quantité, mais d’intensité. On se donne une structure et un contenu. Cela peut être par exemple : un ou plusieurs Psaumes, une lecture d’Evangile, un temps de silence et un « Notre Père ». Certains prennent simplement l’office des Laudes le matin et celui des Vêpres le soir, en y incluant si possible un passage de l’Evangile, une Epître et un temps de silence.

Puis le deuxième pôle, qui est aussi important que ce temps-fort, parce qu’il a prouvé dans toutes les Traditions sa prodigieuse fécondité : le rappel. Cela consiste à reprendre conscience de la présence de Dieu toutes les heures pendant quelques secondes, sans même s’arrêter de travailler, soit en silence, soit en disant au Christ une parole d’affection venant du coeur ou une parole d’action de grâces : « Gloire à Toi, Seigneur ! » - « Hallelou-Yah » - « Mon âme, bénis le Seigneur et que tout ce qui est en moi bénisse son saint Nom » (Ps 103)…Au bout de quelques semaines de cette pratique assidue, on est surpris d’avoir des résultats inattendus que l’on n’a pas autrement : les heures se rapprochent, la journée s’illumine d’une Lumière étrange, un changement fondamental s’opère au plus profond de notre mentalité, de notre coeur et de notre comportement. La présence du Christ devient palpable au sein d’une amitié stupéfiante, son image s’imprime mystérieusement en notre être intérieur (2 Cor 3,16). Nous entrons alors en partage avec la puissance de sa grâce et de sa joie…

Puissions-nous, à Pâques, fêter la réalisation de ces promesses !

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

 

Texte d’un Père à méditer :


« Conseils pour la prière »

La fréquence de nos entretiens avec le Christ dans la prière fait que son image sublime s’imprime secrètement en nous sans que nous nous en doutions. Et nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme en un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en cette même image, toujours plus glorieuse, comme il convient à l’action du Seigneur qui est Esprit (2Co 3,16).

Ce phénomène a son correspondant dans le monde matériel. Quand on expose un corps inerte à l’action d’un corps radioactif, il reçoit de sa radioactivité en proportion du temps d’exposition. Combien plus serons-nous influencés, nous qui nous approchons de la source de toute lumière qui ait jamais existé dans le monde, et de toute énergie qui ait jamais animé tant les corps célestes que les corps terrestres, Jésus-Christ, Lumière du Père et Lumière du monde !

Père Matta El Maskine,
Père spirituel actuel du Monastère saint Macaire (Egypte).


Prière que les Orthodoxes disent tous les jours pendant le Carême


Seigneur et Maître de ma vie

L’esprit d’oisiveté, de découragement, de domination et de parole facile, éloigne de moi !

Se prosterner

L’esprit de pureté, d’humilité, de patience et de charité,
donne à Ton serviteur

Se prosterner

Oui Seigneur et Roi,
donne-moi de voir mes fautes et de ne pas juger mon frère,
car Tu es béni dans les siècles des siècles.
Amen.

Se prosterner

Saint Ephrem le Syrien (IV°siècle)

Sessions en cours à Béthanie

Les 19 et 20 février : nous recommandons à nouveau le message exceptionnel sur le thème de « l’émerveillement » donné par Bertrand Vergely . info

Les 26 et 27 février avec le Père Francis Dekeyser sur « L’art d’être dans l’instant ». La vigilance est le nerf de toute vie spirituelle. C’est un vrai combat, mais le corps nous en offre la victoire.info

Les 12 et 13 mars : retraite de Carême, où l’on refait le point avec le Seigneur pour une autre vie possible. info

Du 25 au 28 mars : thérapie des maladies de l’âme; découvrir ces passions qui nous empêchent de vivre pleinement et les remèdes pour en guérir.info

Les 25 et 26 mars : trouver sa voix; la voix est le plus subtil moyen de découverte de soi, de transformation personnelle et de communication avec les autres. Comment la dévoiler ? info

Informations

Pour approfondir le thème de cette Lettre, en particulier le point concernant l’ascèse, on pourra lire l’article du Père Alphonse sur le « Jeûne » qui paraîtra dans « Le Chemin » du mois de mars et aussi notre livre « La guérison des maladies de l’âme » (Presse de la Renaissance).

Un changement s’introduit dans notre projet de pèlerinage en juillet prochain. Nous laissons Rome et proposons une retraite spirituelle consacrée uniquement à saint François d’Assise. Réflexion, prière et solitude autour des grands axes de sa vie et des textes fondateurs, sur les lieux où il les a vécus. Pour toute information et inscription, s’adresser dès maintenant à Béthanie.

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