Lettre N°15
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Mai 2005

C
hers amis

Nous terminions notre dernière lettre en disant combien il était merveilleux de répéter un verset d’un Psaume qu’on aime…Peut-être y avez-vous pris goût, peut-être même en avez-vous frémi, car « nous naissons avec le Psautier aux entrailles », dit André Chouraqui, et il se peut qu’un de ses rayons de lumière ait pénétré jusqu’au tréfonds de votre être. Chaque mot des Psaumes a cette puissance de pénétration, en effet, pour nous conduire en présence du Verbe éternel qui nous habite.

Quoiqu’il en soit, il est capital pour chacun que le Psautier fasse partie de son Chemin, tel un « vade mecum ». C’est le livre de prière par excellence depuis David. Toute la Bible y est ramassée en un raccourci saisissant : on y apprend l’amour fou de Dieu et les merveilles qu’Il ne cesse d’accomplir ; on y apprend l’homme, celui que je suis, dans toutes les circonvolutions de mon âme, ma beauté profonde et mes laideurs multiples.

Le Psautier, habité par la grâce de l’Esprit Saint, me révèle à moi-même, à mesure que je le fréquente, et m’offre en même temps une véritable thérapie divine, un chemin de guérison. C’est un miroir de mes révoltes et de mes fidélités, de mes souffrances et de mes gémissements, de ma mort et de ma résurrection constamment à l’œuvre…

Le Psautier ne serait pas complet, si on n’y découvrait pas aussi Satan et sa carte d’identité. On y apprend vraiment qui il est, ses modes de présence et ses ruses pour nous terrasser. Les Psaumes nous initient alors au « discernement des esprits » et à pourchasser l’ennemi avec les mots mêmes de Dieu, car la Parole de Dieu est toute-puissante.

Les « ennemis » que l’on abat dans les Psaumes, souvent avec beaucoup de violence, ce sont nos passions et toutes nos dépendances serviles, dans lesquelles les démons se cachent et se tapissent…Le résultat, c’est cet univers d’ombre et de ténèbres en nous, le mensonge et la duplicité, toute cette détresse humaine qui fait que nous sommes plus morts que vivants et que nous avons déjà « un pied dans la fosse »…

La vraie Vie nous échappe !

Les Psaumes, ce sont donc cent cinquante marches érigées entre la mort et la vie. Marches où Dieu ne cesse de descendre vers l’homme et Dieu, Source éternelle de Vie, où l’homme ne cesse de se plonger pour être purifié et sanctifié à son contact, et monter vers Dieu. L’homme se reconnaît dans chaque verset, chaque Psaume raconte l’histoire de chacun et de tous.

C’est pourquoi, le Psautier est habité par des générations et des siècles de prière ; il a traversé toutes les nuits des hommes, il a baigné dans leur sang et dans leur joie…Et maintenant chaque mot des Psaumes est lourd d’une expérience infinie ; infinie parce que dans cette finitude de l’homme, Dieu est venu établir sa demeure, pour ouvrir son horizon vers un Au-delà de toute souffrance, une éternité déjà présente.

Les Psaumes nous placent dans une vision globale du dessein de Dieu et nous libèrent d’un présent clos sur lui-même. Ils m’insèrent avec mon histoire personnelle, particulière, dans l’histoire du Peuple de Dieu en marche. J’acquiers alors la conscience si importante d’appartenir à une extraordinaire lignée qui forge l’Histoire du dedans. Ma vie prend du sens !

Dès lors, on comprend que le vrai chantre des Psaumes, c’est le Christ Lui-même. Il est présent d’un bout du Psautier à l’autre. Non seulement Il a prié avec tous les Psaumes, Il les a priés avec sa voix et sa vie, mais le Sujet des Psaumes, c’est Lui !

Il est ce Dieu qui entre dans la boue des hommes, dans leurs violences et les instincts vengeurs, jusque dans leur mort et leur enfer, pour les convertir de l’intérieur et entendre du dedans leurs cris de désespoir. Il les tire de là et les libère. Quand, sur la croix, le Christ descend dans les blessures, l’horreur de la souffrance et la mort de l’homme, Il dit le Psaume 22 : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné ? Désormais tout le tragique de la vie humaine est illuminé jusque dans ses profondeurs les plus enfériques…

Alors, pratiquer le Psautier, c’est opérer ce forage vers les régions habitées de notre être, faire sienne l’expérience d’être sauvés en s’accordant au Christ. C’est pourquoi, il est capital de ne pas lire les Psaumes, mais de les chanter. Ce sont les chants du Sauveur et les louanges des sauvés. On peut chanter sur l’un des tons en usage dans les églises, ou simplement sur une seule note, en recto tono. Prenez tous les jours un Psaume ou plus, selon le temps dont vous disposez. Mais surtout chantez !

Le chant, la psalmodie, réveille en nous des dimensions restées muettes. Nous sortons du psychisme et entrons en vibration avec cet Au-delà au fond de nous-mêmes dont nous parlions, cette Présence mystérieuse, que le Psaume 34 (9) nous invite à goûter, à travers la Joie et l’Amour dont elle rayonne. Saint Basile (IV°s) dit que le chant des Psaumes nous libère de la tristesse, fait taire les turbulences de l’âme et illumine l’esprit.Cette expérience a des résonances dans l’invisible, puisque la psalmodie nous fait participer à la liturgie céleste des Anges, elle unit ainsi le ciel et la terre.

La tonalité du chant, c’est la Joie, et derrière les mots multiples que nous chantons il n’y a qu’un mystère, celui de l’Amour, et l’Amour c’est Dieu Lui-même. Chantez donc avec la voix, dit saint Augustin (V°s), chantez avec le coeur, chantez avec la bouche, chantez avec la vie…Devenez vous-même chant de gloire !

Que le chant nous accorde au Christ, Lui l’Accord parfait…


Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Texte d’un Père à méditer :


« Comment parvient-on au secret ? Au milieu des chants d’allégresse et de louange, au milieu des concerts qui célèbrent les fêtes…Dans la maison de Dieu (à l’intérieur de toi), c’est une fête perpétuelle…Elle est célébrée par le chœur des Anges et le visage de Dieu, vu à découvert, cause une joie que rien ne peut décrire. Nul commencement à ce jour de fête, nulle fin qui puisse le terminer. De cette fête éternelle s’échappe je ne sais quel son qui retentit doucement aux oreille du coeur…et entraîne le cerf vers la source des eaux ».

Saint Augustin (« Commentaire sur le Psaume 41 »)


Psaume 23

Le Seigneur est mon berger : je ne manquerai de rien,
Il me fait reposer dans de verts pâturages.

Il me mène près des eaux tranquilles :
Il y restaure mon âme.

Il me conduit dans les chemins de la justice,
pour l’honneur de son Nom.

Quand je marche dans le chemin de l’ombre de la mort,
je ne crains aucun mal car Tu es avec moi :
ta houlette, ton bâton me rassurent.

Tu dresses devant moi une table face à mes adversaires,
Tu oins d’huile ma tête et ma coupe déborde.

Ta miséricorde m’accompagnera tous les jours de ma vie,
j’habiterai pour de longs jours la maison du Seigneur.


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