Lettre N°19
www.centre-bethanie.org
 
envoyer la lettre à un ami
archives
imprimer

cliquer pour agrandir

Octobre 2005

C
hers Amis,

Nous avons insisté plus d’une fois, et en particulier dans la dernière Lettre, sur l’importance de l’instant présent. Vivre n’est rien d’autre que d’être pleinement ici et maintenant. Mais cela est tellement difficile qu’on n’y arrive pas sans « une détermination très déterminée », comme disait sainte Thérèse d’Avila, « et dussé-t-on mourir en chemin », ajoutait-elle. C’est la fameuse décision, sans laquelle il n’y a pas d’homme ni de chemin. Nous l’avons déjà dit.

Une fois la décision prise, et toujours reprise, s’opère un grand lâcher-prise, tout se simplifie, s’unifie et s’accomplit. Dès lors, il n’y a plus dans notre vie qu’un seul effort, un effort unique à travers tout ce que nous faisons du matin au soir : river notre regard sur Dieu qui nous cherche et nous aime. Etre dominé par cela, s’en laisser saisir, en être possédé littéralement…C’est le propre de tous les saints et de tous les génies de ramasser ainsi toutes leurs énergies en un seul point, de poursuivre inlassablement un grand dessein qui draine et unifie toute leur existence, de se cloîtrer en quelque sorte dans l’œuvre à laquelle ils s’appliquent…

Pour celui qui construit sa vie sur une telle exclusive, orientée de façon aussi radicale, tout commence vraiment et les choses vont vite, le Chemin est rapide ! Car dans un être livré ainsi, totalement abandonné, Dieu agit sans cesse ; même s’il n’y pense pas toujours, les rênes de sa vie sont entre les mains du Seigneur et c’est Lui seul qui a toute l’initiative. C’est cela la véritable humilité. Et elle est le fondement de la sainteté.

La Prière de Jésus : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur » ou une autre phrase que l’on répète, peuvent être l’instrument de cette percée. Rien ne mortifie plus l’élan de notre nature à l’indépendance et ne nous met davantage sous l’emprise de la grâce ; c’est pratiquer le renoncement intérieur le plus absolu, porter la cognée à la racine de l’arbre, attaquer l’ego non plus en ses manifestations, mais en sa profondeur…

Peu à peu, nous prendrons l’habitude de nous détourner de nous et de nous tourner vers le Christ. La seule mise en Présence avec sa Personne, ce contact avec Lui, toujours repris, régulier, finit par devenir constant et nous modifie. Au sens propre du terme, la Personne du Christ déteint sur nous. A force de le regarder il passe en nous. Ses manières, ses réactions, ses pensées deviennent nôtres par une sorte de contagion, par une réelle osmose.

Ce « mimétisme sélectif », comme le met en valeur maintenant la psychologie des profondeurs, est un des grands constructeurs de la personnalité : il n’y a rien de plus structurant que d’être sous l’influence directe d’une personne en qui nous avons mis notre amour. Mais quand il s’agit du Christ, ce phénomène n’est pas qu’une simple symbiose humaine, il s’agit d’une mutation ontologique où les « Energies incréées », c'est-à-dire la vie même de Dieu, circulent en nous et nous rendent toujours plus conformes au Christ (Rom 8,29), et progressivement jusqu’à la ressemblance avec Lui.

Le mime, repris par les psychologues d’aujourd’hui au service de l’âme, est, dès l’antiquité chrétienne, une réalité mystique au service de l’homme tout entier pour sa transformation totale corps-âme-esprit. Quand saint Paul dit qu’il est « imitateur du Christ », il prend le mot dans la langue profane du théâtre : le mime se met tellement dans la peau de son personnage qu’il en prend tous les traits, il est à ce point un même être avec le Christ qu’il le rend visible aux hommes. Ce n’est plus moi qui vis c’est le Christ qui vit en moi (Gal 2,20).

Un être est unifié quand tous les éléments qui constituent sa vie ne font plus qu’un, c’est-à-dire procèdent de la même source et tendent au même but : le Christ. Etre Lui, à chaque moment, à travers mon geste, ma parole, mon regard, mon comportement, mes désirs…et peu à peu jusqu’aux réflexes spontanés.

L’ascèse fondamentale, la voilà ! Etre cloué sur la croix du Christ, selon une expression forte de saint Paul (Gal 2,19), veut dire alors que ce n’est plus l’ego qui est le principe de mes actions les plus profondes, mais le Christ qui vit en moi. Jésus dit lui-même la veille de sa mort : Qui demeure en moi, comme moi en lui, porte beaucoup de fruits ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire (Jn 15,5).

Que cette radicalité de la vie en Christ soit pour chacun un total renouvellement de son être !

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Texte à méditer :


« Bien comprise, la prière est un acte de maturité indispensable au complet développement de la personnalité, l’ultime intégration des facultés de l’homme les plus hautes. C’est seulement en priant que nous achevons cette union complète et harmonieuse du corps, de l’intelligence et de l’âme qui confère au frêle roseau humain sa force.

L’influence de la prière sur l’esprit et le corps humains est aussi aisément démontrable que la sécrétion des glandes. Ses résultats se mesurent à un accroissement d’énergie physique, de vigueur intellectuelle, de force morale, à une compréhension plus profonde des réalités fondamentales. »

A. C.


Prière

Tard je t’ai aimée, ô Beauté si ancienne et si nouvelle, tard je t’ai aimée ! Mais quoi ! Tu étais au-dedans de moi, et j’étais, moi, en dehors de moi-même ! Et c’est au-dehors que je te cherchais; je me ruais, dans ma laideur, sur la grâce de tes créatures. Tu étais avec moi, et je n’étais pas avec toi, retenu loin de toi par ces choses qui ne seraient pas, si elles n’étaient en toi.

Saint Augustin ( V° siècle)

Sessions en cours à Béthanie

 

Du 15 au 16 octobre : « Retrouvailles autour d’un chantier ». Merci encore une fois de participer à la vie de Béthanie en donnant un peu de votre temps. Chaque coin de la Maison porte la marque de votre amour ! info

Du 29 octobre au 1° novembre : « Guérisons des maladies de l’âme ». Seule la libération de la possession de soi par soi-même, à travers toutes les dépendances, nous fait naître à notre véritable identité et à la vie divine. info

Du 5 au 6 novembre : : « Trouver sa voix » : Un chemin direct et efficace de travail sur soi pour une transformation de l’homme tout entier corps-âme-esprit. info

Du 11 au 13 novembre : « Une thérapie divine : le pardon ». C’est le coeur de l’Evangile, le message libérateur du Christ. Aucune guérison, physique, psychique ou spirituelle, n’est possible sans le pardon ! info

Information

Une heureuse nouvelle : la parution, en ce mois d’octobre, aux éditions Desclée-de-Bouwer, de notre dialogue avec Bertrand Vergely , intitulé : « Le philosophe et la vie ». Dialogue passionnant avec un homme passionné autour des grandes questions existentielles qui nous préoccupent tous au quotidien : qu’est-ce que vivre, comment vivre, la souffrance, la mort, la politique, la foi, l’amour, le témoignage des grands penseurs de l’histoire…etc.

Un livre à vous offrir et à offrir à vos amis… peut-être une idée de cadeau pour Noël ? Prenez contact avec votre libraire !



Pour recevoir la lettre de Béthanie gratuitement chaque mois par internet, inscrivez-vous en vous connectant à l’adresse http://www.centre-bethanie.org/liste_diffusion.htm et enregistrez votre adresse e-mail.
nous contacter
envoyer la lettre à un ami
télécharger la lettre en pdf
télécharger la lettre en zip
imprimer la lettre