Lettre N°20
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Novembre 2005

C
hers Amis,

Avec l’exercice proposé dans notre dernière lettre, nous nous sommes acheminés vers ce temps liturgique merveilleux de l’Avent. Voilà que nous allons encore approfondir, pendant ces 40 jours qui nous séparent de Noël, ce que nous appelions « l’ascèse fondamentale » : laisser vivre le Christ en soi, être le Christ à travers tout ce que nous sommes et ce que nous faisons. Alors la fête de Noël sera vraiment, pour chacun de nous, l’incarnation du Visage de l’Amour. Quelle fête !

En s’exerçant ainsi à vivre d’une façon toujours plus consciente chaque geste, l’Amour révèle son identité bouleversante et en même temps fait basculer sa méthode. On a fait de l’Amour une morale, une philanthropie ou un dévouement, même chez les chrétiens, alors qu’il se révèle ici comme étant l’intimité même de la vie de Dieu ! Il ne s’agit donc plus tellement de vivre pour l’Amour du Christ, mais que la substance même de notre action, la manière et la façon dont elle est vécue soit la vie du Christ, une « démonstration de sa puissance », pour dire les choses encore avec saint Paul. A ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : à l’Amour… dit Jésus (Jn 13,35).

Quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu (1Jn 4,8) au sens biblique du mot « connaître », c'est-à-dire expérimenter. Et saint Jean continue justement par cette précision qui contient une fois de plus toute la révélation : En ceci s’est manifesté l’Amour de Dieu pour nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde afin que nous vivions par Lui (1Jn 4,9). Aimer veut donc dire « vivre par le Christ » et c’est pour cela qu’il est venu parmi nous, puis en nous !!!

Cette formidable unité entre l’homme et Dieu, parce que l’un s’abandonne entièrement à l’autre, va jusqu’à la fusion, une fusion sans confusion, comme le feu est dans le fer. L’Esprit fait pénétrer le Christ en nous jusqu’au bout de nos doigts, il pénètre notre corps, s’écrie saint Syméon. Toute la Tradition hésychaste l’a reconnu, aujourd’hui la science commence à le confirmer : l’incorporation au Christ, qui est le but de toute prière, change la substance même des choses, jusqu’à la moelle des os, l’image du sang, voire la structure de la cellule qui se modifie…

C’est ici que l’on voit à quel point le christianisme introduit pour la première fois dans l’histoire de l’humanité une vision radicalement autre du corps. Dans la conscience religieuse, non chrétienne, le corps a toujours été plus ou moins refusé au nom de l’esprit. Déjà dans le monde antique se développait un dualisme extraordinaire dans l’anthropologie, consistant à considérer le corps comme une prison pour l’âme. Or toute la métaphysique de l’Incarnation de Dieu, qui est le mystère fondateur du Christianisme, repose avant tout sur la reconnaissance de la nature métaphysique de la corporalité, ce qui est exprimé avec beaucoup de force dans l’enseignement de la résurrection des corps (déification). Le corps fait partie métaphysiquement de l’être de l’homme et la mort, qui détruit le corps, ne peut pas l’annihiler complètement. Ne savez-vous pas que votre corps est un temple de l’Esprit Saint qui vit en vous ? dit saint Paul, et vos corps sont les membres du Christ (1 Cor 6, 19 et 15).

L’un des grands signes de vérification de ces enseignements est cette nostalgie qui habite en chaque homme depuis son plus jeune âge, cette béance bien spirituelle qui s’inscrit pourtant avec puissance tout autant dans le corps que dans l’âme. On a « mal au ventre ». Autrement dit, le corps n’est pas un objet qu’on a, mais la manifestation physique de ce qui est métaphysique, au-delà du physique, l’expression visible du mystère invisible de l’être, l’extériorisation sur le plan de l’histoire de la dimension intérieure de l’homme au-delà de l’espace et du temps.

Pour paraphraser le mot « corps », il faudrait dire que c’est « notre manière d’être là au monde ». Dans l’Ancien Testament, il n’y a même pas de mot pour dire « le corps » en tant que réalité séparée du reste ! L’homme est un tout inséparable : toujours dans tous ses aspects il est spirituel et corporel, c’est une « périchorèse » disent les Pères, une compénétration réciproque et totale.

Il se passe donc les plus grandes choses dans les gestes les plus ordinaires ! Dieu ne s’est-Il pas incarné dans une étable à Béthléem ? N’a-t-Il pas vécu 30 ans dans le silence et la banalité du quotidien à Nazareth ? Habiter son corps, vivre le geste, faire des actes conscients, être pleinement là…Rien n’ouvre plus le ciel en nous pour l’avènement de Celui que nous attendons !

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

 

Texte d'un Père à méditer :


« Le fer mis en contact avec le feu prend aussitôt la couleur de celui-ci, de même la chair, après avoir reçu en elle le Verbe vivifiant, est libérée de la pourriture et revêtue de la chair du Christ.»

Saint Cyrille d’Alexandrie (IV°siècle)


Prière

Jésus dit : « C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel…Si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle… Car ma chair est vraie nourriture et mon sang vrai breuvage. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6,51-56).

Les paroles du Christ dans l’Evangile deviennent la plus haute prière dès lors qu’on les laisse vivre en soi.

Sessions en cours à Béthanie

 

Du 25 au 27 novembre : Retraite de l’Avent, dans la prière, le jeûne et la méditation de la Parole de Dieu. Un temps-fort dans cette sainte quarantaine qui prépare Noël. info

Du 3 au 4 décembre : « Le lâcher-prise» » avec un maître de yoga et chrétien engagé, Nils Daum. C’est dans le vide de soi que s’expérimente la Plénitude. info

Du 26 au 31 décembre : « Initiation à la méditation et à la sagesse du corps » : C’est la base même de tout Chemin spirituel. Acquisition d’un « outil » pour la transformation du quotidien. La méditation comme style de vie. info

Information

Comme nous l’avions déjà annoncé, notre livre d’entretiens avec Bertrand Vergely « Le philosophe et la vie » vient maintenant de paraître aux éditions Desclée-de-Bouwer. Vous y trouverez toutes les grandes questions qui tissent notre vie quotidienne. Si vous désirez l’acquérir pour vous ou en faire un cadeau de Noël à vos amis, nous vous l’enverrons avec joie. Merci de tout coeur !

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BETHANIE, Prieuré Saint Thiébault, 57680 GORZE

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