Lettre N°24
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Gorze, Mars 2006

C
hers Amis

Nous avons insisté, à travers nos dernières lettres, sur la quintessence de la mystique chrétienne, qui n’est autre que l’union au Christ, toujours en devenir et s’approfondissant sans cesse. Or toute la vie de Jésus est une action de grâces incessante pour entraîner les hommes avec lui dans le même mouvement et leur rouvrir la modalité paradisiaque du monde, les ressusciter à la condition céleste à laquelle nous introduit la louange, comme le rappelle constamment l’Apoca-lypse. La louange et l’action de grâces ne sont pas seulement une manière d’être du Christ, mais c’est son être même. Il rend toujours grâce à Dieu, même dans les situations que nous jugerions « impossibles » comme lors de la multiplication des pains (Mc 6,30) ou « tragiques » comme la mort de son ami Lazare (Jn 11, 41).

A sa suite, il y a désormais une manière spécifiquement chrétienne de vivre tout problème, toute difficulté, toute souffrance et même la mort. C’est de s’unir intimement à Jésus et avec Lui de rendre grâce, de louer Dieu pour tout ce que j’ai à vivre ici et maintenant. Là se trouve l’unique solution ! Elle est totalement irrationnelle et crucifie souvent notre entendement, mais là, « cloués sur la croix avec le Christ » et libérés de « la sagesse du monde », nous éprouvons réellement une « puissance » secrète et mystérieuse, qui est celle du Christ ressuscité vivant en nous (1 Co 1 et 2).

Ici est le fondement d’une vie totalement nouvelle et d’un être nouveau. Toute l’existence devient pascale : par l’action de grâces incessante nous transformons de moment en moment la vie en la Vie, les ténèbres en lumière ; des situations de mort jaillit la vie…, comme à l’eucharistie le pain et le vin deviennent corps et sang du Christ. Voilà ce que l’Evangile nous a apporté : la présence de l’éblouissante beauté du Christ ressuscité au coeur de chaque instant pour le métamorphoser en joie ! Maintenant « tout est grâce » ! Alors vivre c’est tout simplement aimer Dieu et « aimer Dieu, dit saint Augustin, c’est chanter sa gloire, mieux : c’est devenir soi-même chant de gloire ».

« Baptême » veut dire « plonger » au sens littéral ; le baptisé c’est quelqu’un qui est plongé dans le Christ et qui ne cesse de plonger dans sa propre profondeur pour garder le contact avec Lui ; c’est quelqu’un qui ne se laisse pas emporter par les apparences extérieures ou des circonstances révoltantes, car il plonge aussi en elles pour y trouver la Présence divine. Ce plongeon à l’intérieur de tout, à tout moment, se fait par la bénédiction continuelle, nourrie par l’eucharistie.

Le réveil sonne le matin et je commence déjà à ronchonner… Renversons immédiatement la vapeur : « Béni sois-Tu, Seigneur, pour cette nouvelle journée que Tu me donnes ! » Je risque un regard par la fenêtre, catastrophe : il pleut ! Et la mélancolie habituelle se saisit de mon âme. Est-ce la seule solution ? Essayez alors de répéter : « Alléluia ! Je Te dis merci, Créateur du ciel et de la terre, pour ce temps que Tu fais… Alléluia ! Alléluia !... » et le répéter jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune trace de morosité. C’est à travers les tout petits détails de chaque jour qu’il faut s’exercer : une parole blessante, une mouche importune, l’aboiement d’un chien, une pierre qu’on heurte, une lampe qui s’éteint, une panne de voiture… car c’est là que se crée patiemment une nouvelle attitude devant la vie et jusqu’aux réflexes jamais maîtrisés qui, maintenant, sont pétris par la louange. « Béni sois-Tu, Seigneur ! » jaillira peu à peu spontanément de nos lèvres à propos de tout. Il faut s’exercer inlassablement, toujours recommencer, et c’est un vrai combat, surtout quand les choses ne vont pas comme MOI je le voudrais.

Nous apprenons à « reconnaître » que nous ne sommes pas les maîtres de la vie, mais Dieu. Louer, c’est Lui remettre les rênes, s’abandonner à son amour avec confiance et joie, se soumettre à sa volonté en toutes choses. Viendront aussi les jours où c’est plus difficile, ou rien ne va plus, tout est obscur et Dieu semble absent ; la souffrance nous submerge ou tel problème bouche tous nos horizons… La louange ici n’aura pas l’expression d’une joie sensible, mais d’une acceptation dans la paix, sachant que Dieu est à l’oeuvre malgré tout, si je le bénis.

Louer, bénir, rendre grâce pour tout, c’est la plus grande ascèse qui soit pendant ce temps de Carême. Il n’y a rien qui nous purifie davantage de notre ego et nous ouvre plus à la Joie pascale !

Avec toute notre affection, à bientôt !

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Texte à méditer :

« Pourquoi bénir ?
Parce que lorsque nous bénissons, il y a une libération qui s’opère dans les lieux célestes. Ce que Dieu a en réserve pour la personne bénie devient efficace. C’est comme si la bénédiction faisait un trou dans la masse des malédictions qui repose sur nos têtes et permettait à Dieu d’agir.

Lorsque je dis « malédiction » je ne parle pas des sortilèges de toutes sortes, mais de toutes les paroles négatives, les jugements, les critiques qui ont été dits et qui nous retiennent comme prisonniers. Ainsi en bénissant nous opérons un acte de libération.

La bénédiction est une arme redoutable, car c’est une parole d’amour et de restauration qui vient directement de Dieu sur la personne que nous bénissons, et cette parole est irrévocable.

D’autre part, lorsque nous bénissons, notre regard sur l’autre change. Nous recevons les yeux de Dieu et nous le voyons tel que Dieu le voit, c’est-à-dire avec en lui le ferment de la résurrection.

Enfin, s’il est vrai que celui qui maudit se maudit lui-même, la réciprocité doit aussi être vraie ; quand nous bénissons, nous sommes aussi bénis ! Dieu aime la bénédiction. SOYEZ BENIS ! »

Véronique Rochat


Prière

David bénit Adonaï sous les yeux de toute l’assemblée. Il dit :

Béni sois-Tu Adonaï, Dieu d’Israël notre Père, depuis toujours et à jamais !

A Toi, Adonaï, la grandeur, la force, la splendeur, la durée et la gloire, car tout ce qui est au ciel et sur la terre est à Toi.

A Toi, Adonaï, la royauté : Tu es souverainement élevé au-dessus de tout.

La richesse et la gloire Te précèdent, Tu es maître de tout, dans Ta main sont la force et la puissance ; à Ta main d’élever et d’affermir qui que ce soit.

A cette heure, ô notre Dieu, nous Te célébrons, nous louons Ton éclatant renom (…)

Je sais, ô mon Dieu, que Tu sondes les cœurs et que Tu te plais à la droiture, c’est d’un coeur droit que je T’ai fait toutes ces offrandes et, à cette heure, j’ai vu avec joie Ton peuple, ici présent, Te faire ces offrandes volontaires.

Adonaï, Dieu d’Abraham, d’Isaac et d’Israël nos pères, garde à jamais cela (…)


(1 Chr 29, 10-20)


Sessions en cours à Béthanie

Du 25 au 26 mars : Découvrir le sens de tout évènement avec le philosophe Bertrand Vergely. Celui qui sait où et comment « faire la volonté de Dieu » détient le secret de la Vie et de la Joie. info

Du 1er au 2 avril : « Trouver sa voix ». Trouver sa voix pour s’exercer à la voie, par l’intimité du souffle et la jubilation du chant. info

Du 19 au 23 avril : Semaine Sainte et Nuit Pascale. info

Du 29 avril au 2 mai : « Calligraphie des Lettres hébraïques » avec Gundelinde. Un chemin antique de découverte de soi et de guérison par l’art-thérapie. info

Information

« LE CHEMIN » du printemps 2006 sortira le 20 mars,

au sommaire de ce numéro 70 :

Expérimenter la Bible avec Graf Dürckheim par Alphonse Goettmann
La mort et la résurrection dans le Nouveau Testament par Paul Ladouceur
Le chrétien vit dans l’Eglise par Marc Ménestret
François d’Assise et l’Orthodoxie par Olivier Clément
Carnet de voyages d’une peintre d’icônes par Elisabeth Lamour



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