Lettre N°32
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Gorze, Décembre 2006

C
hers Amis,


« Avec le mois de novembre nous descendons dans la saison des ténèbres », disions-nous dans notre dernière lettre. Depuis, nous avons marché, dans l’ascèse et la prière, et nous voyons apparaître à l’horizon l’Astre de notre nouvelle naissance…

Lumière et Joie se confondent dans ce texte absolument extraordinaire du Prophète Isaïe, qui scande chacun de nos pas tout au long de ce temps de l’Avent : Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière, sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi. Tu as multiplié la nation, tu as fait croître sa joie, ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit à la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller merveilleux, Dieu fort, Père éternel, Prince de la paix…

La joie et l’allégresse les accompagneront, la douleur et les plaintes cesseront… Debout ! Resplendis ! car voici ta lumière, et sur toi se lève la gloire du Seigneur. Tandis que les ténèbres s’étendent sur la terre et l’obscurité sur les peuples, sur toi se lève le Seigneur et sa gloire sur toi paraît…(Is 9,1-5 ; 35, 10 ; 60, 1-2).

Rares sont ceux qui lisent et relisent ces textes d’une jubilation inouïe, alors qu’il faudrait les savoir par coeur, par le coeur ; c’est vital de boire constamment à ces sources d’eau vive, afin que cette eau devienne notre sang, notre substance vivifiante. Qui dit tradition dit transmission : comme la source se transmet toute entière au ruisseau, ainsi Dieu se transmet à l’homme qu’Il ne cesse de susciter à la vie et de créer. Or cette transmission est d’abord l’expérience d’une joie indescriptible ! Car Dieu est Joie ; c’est pourquoi les mystiques de l’Orient et de l’Occident ont toujours pu dire : Apprends la joie et tu apprendras Dieu.

Celui qui perd la joie est donc dans l’errance, il n’a plus ni Chemin ni but puisqu’il est sans source. Aussi n’est-il pas étonnant qu’on soit arrivé universellement à cette conviction qu’une vie authentiquement spirituelle se mesure au degré de joie qui nous habite ! Du moment que Dieu est joie, cette conclusion n’est alors qu’une simple et incontournable cohérence … Cela d’ailleurs, même les athées les plus endurcis, tel Nietzsche, l’ont considéré comme une évidence : Si Dieu existait, je ne pourrais le concevoir que comme un Dieu dansant, dit-il.

Il est donc clair que nous avons dans la Joie la trame sous-jacente à toute la Bible : celle-ci est une « Bonne Nouvelle » dès les origines, et portera explicitement le titre d’Evangile (en français : bonne nouvelle), quand elle éclatera dans sa plénitude, par la venue du Messie qui est le visage même de la joie.

C’est cette annonce ou cette Présence joyeuse qu’il faut comprendre et ne jamais oublier, quand on lit dans l’Ancien Testament ces textes apparemment anodins qui racontent à quel point l’homme aime la vie. La vraie sagesse pour le Juif, c’est d’abord de goûter la vie telle qu’elle est : Aimer sa vie, c’est aimer son propre bonheur, dit le Siracide (4,12). Ainsi la vie, toute simple au quotidien, contient déjà tout, que ce soit la joie de la moisson si souvent relevée parce que tellement signifiante, celle de la vendange tout autant, le partage de la vie avec la femme que l’on aime, la venue des enfants, jusqu’au plaisir de boire du vin qui réjouit le coeur de l’homme, il n’y a pas une expérience humaine qui soit négligeable, et rien qui ne puisse être vécu avec une intensité qui touche à cet étrange mystère en transparence derrière tout instant.

Ainsi tout est épiphanie, manifestation d’une présence aimante pour le coeur éveillé. Mais il y a infiniment plus encore, car ce qui donne le vrai poids à cette vie, c’est qu’elle est un don de Celui qui l’habite. En réalité Présence et Don se confondent : Dieu se donne Lui-même à travers ce qui nous arrive. Le peuple d’Israël le sait bien : Quand on mange, boit et se donne du bon temps dans son labeur, c’est un don de Dieu, dit Qohelet (3,13).

Cependant, quand Dieu se donne, ce n’est jamais passivement : c’est une Présence créatrice, vitale, qui suscite l’homme et ne cesse de le libérer, de le mettre en chemin vers un accomplissement. Que ce soit dans la simplicité cachée au creux du quotidien ou lors des grandes libérations historiques du peuple, Israël ne se trompe pas, car c’est le Seigneur qui ramène les captifs de Sion, c’est toujours Lui qui emplit notre bouche de rire et nos lèvres de chansons (Ps 126,2). Dans cette joie folle, se trouve le coeur de la Bible, sa direction profonde, jusqu’à ce qu’elle éclate un jour dans la venue du Libérateur Lui-même, le Messie, qui, d’emblée, ouvrira sa mission en révélant qu’Il est envoyé pour que les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux soient purifiés, et les sourds entendent et les morts ressuscitent, et les pauvres apprennent la Bonne Nouvelle (Mt 11,5), c’est qu’Il entend bien manifester la constante de toute l’histoire : celle d’une libération incessante et qui, avec Lui, arrive à terme.

C’est cette Promesse qui fait battre le coeur d’Israël, qui habite sa formidable nostalgie, qui fait du temps, de chaque instant même, le signe d’une Venue en cours. La Gloire de Dieu, sa Présence, qui habite l’intérieur de toute chose et de tout événement, va, en effet, montrer son visage. Celui qui ne cesse de libérer l’homme, qui déjà le suit comme son ombrage et qui le garde de jour et de nuit pour que jamais son pied ne trébuche (Ps 121), Il va bientôt se manifester à visage découvert au grand Jour, jour de lumière (Am 5,18) et ce sera la plénitude des temps (Ga 4,4 ; Eph 1,10). Cette espérance du bonheur messianique fonde en réalité l’expérience de toute joie du peuple juif.

Avec l’avènement du Messie, l’histoire du monde bascule des ténèbres dans la lumière et la joie définitives. L’Incarnation de Dieu en Jésus Christ c’est le temps lui-même qui s’accomplit et entre dans sa plénitude, la création est à son achèvement, la terre mère enceinte depuis des millénaires enfante Dieu en personne, l’ Emmanuel, qui signifie : Dieu avec nous. C’est cette Joie indescriptible qui est l’aboutissement de toutes les Ecritures et la réalisation des prophéties ancestrales. Bien plus : cet événement est au coeur même de l’aventure cosmique. L’expansion des galaxies, la naissance et la réussite de la vie sur notre planète, l’apparition et l’histoire de l’homme, tout converge vers cet instant : c’est en Lui, le Verbe de Dieu, que tout a été créé. L’univers a mis 150 milliards d’années à composer son Chef-d’œuvre. Depuis, tant d’hommes comptent les jours et les siècles à partir de cette date unique qui partage l’histoire en deux : « Avant Jésus Christ » et « Après Jésus Christ » ! En Lui, l’Absolu s’est fait visage, l’ultime réalité a dévoilé son nom en Jésus Christ : Dieu est Joie !

Nous vous la souhaitons en plénitude à Noël et d’en être les témoins auprès de tous ceux que vous croisez.

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Texte à méditer :

Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le répète, réjouissez-vous. Que votre modération soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. N’entretenez aucun souci ; mais en tout besoin recourez à l’oraison et à la prière, pénétrées d’action de grâces, pour présenter vos requêtes à Dieu.
Alors la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, prendra sous sa garde vos cœurs et vos pensées, dans le Christ Jésus.

Epître aux Philippiens 4, 1-7


Prière

Le « Gloria » chanté par les Anges la Nuit de Noël

Gloire à Dieu au plus haut des cieux
et paix sur la terre, aux hommes, bonne volonté.
Nous Te louons, nous Te bénissons, nous T’adorons,
nous Te glorifions, nous Te rendons grâces pour Ta grande gloire.
O Seigneur Dieu, Roi céleste, Dieu le Père tout-puissant.
O Seigneur, Fils né du Père, Jésus-Christ, ô Seigneur Dieu, Agneau divin, le Fils du Père, Toi qui ôtes le péché du monde, aie pitié de nous, Toi qui ôtes le péché du monde, reçois notre prière. Tu sièges à la droite du Père, aie pitié de nous.
Parce que Tu es seul Saint, le seul Seigneur, Tu es le seul Très-Haut,
ô Jésus-Christ, avec le Saint Esprit, dans la gloire de Dieu le Père. Amen


Sessions en cours à Béthanie

Les 13 et 14 Janvier : « Le Féminin de l’être » avec Annick de Souzenelle. Découvrir la meilleure part de soi-même et l’épouser ! info

Les 3 et 4 Février : « Vivre avec les Anges » Les Anges sont omniprésents dans la Tradition biblique et patristique. Découvrir leur présence immédiate et leur rôle dans notre vie entraîne un formidable changement de conscience. Chacun a son Ange personnel, c’est son meilleur Ami. info 

Les 17 et 18 Février : « Le Moi profond » , avec Bertrand Vergely. Beaucoup meurent sans avoir vu le jour ! Qui suis-je et comment naître à moi-même, voilà l’enjeu ! info  


 
 

Fresque de l'église Saint Nicolas à Tavant

Pèlerin revenant de Jérusalem ou "paumier": la palme qu'il tient dans la main gauche symbolise ce pèlerinage, comme la coquille celui de Saint-Jacques de Compostelle

Informations

A la demande de plusieurs d’entre vous, nous prolongeons les délais d’inscription au pèlerinage en Terre Sainte. Nous vous rappelons qu’il aura lieu du 15 au 26 juillet et qu’il reste encore des places. Comme convenu, il est réservé à ceux qui ont fait une session à Béthanie. Beaucoup de pèlerins se rendent couramment en Israël, il n’y a aucune crainte à avoir quant à la sécurité. info

Notre livre d’entretiens avec le Patriarche d’Alexandrie trouve un très bel écho un peu partout et nous nous en réjouissons ! Entre-temps, une journaliste de Paris, Anne Ducrocq, a fait paraître un autre livre sur « Béthanie ou l’art de guérir » (Presses de la Renaissance). C’est un authentique témoignage sur son vécu parmi nous, notre itinéraire et notre foi, ainsi que sur les sessions. Ces ouvrages sont disponibles au Centre…si vous n’avez toujours pas d’idées de cadeaux de Noël. Ce peuvent être des cadeaux qui touchent le coeur...info



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