Lettre N°36
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Gorze, Avril 2007

C
hers Amis,

Nous sommes entrés dans la saison du pur émerveillement…

Le printemps est tout entier illuminé par la Gloire de la Résurrection du Christ ! Le soleil éclatant en témoigne, la moindre petite fleur qui perce du sol vient nous le dire, l’extraordinaire éveil de toute la nature qui passe de la mort à la vie le crie à qui veut l’entendre et les oiseaux le chantent à plein gosier… Mais heureux ceux qui ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre ! dit Jésus. Nous croyons, en effet, que cela va de soi et que tout nous est dû : nous restons alors aveugles et sourds devant le miracle permanent de la Résurrection du Christ.

Peut-être une petite parabole nous donnera une autre approche de ce mystère inouï. Dans votre journal vous avez lu le fait divers. Un incendie éclate une nuit dans une maison. Aussitôt, tandis que les flammes jaillissent, on voit sortir précipitamment le père, la mère et les enfants qui assistent navrés au spectacle de leur maison en feu. Soudain ils s’aperçoivent que le plus petit manque, un garçon de 5 ans, qui, au moment de sortir, a pris peur devant la fumée et les flammes, et rebroussant chemin a grimpé à l’étage. On se regarde : aucune possibilité de s’aventurer dans ce qui commence à être un brasier. Et voici qu’une fenêtre s’ouvre là-haut : l’enfant appelle au secours. Son père le voit et lui crie : « Saute ! » L’enfant ne voit que la fumée et les flammes, mais il entend la voix de son père et répond : « Papa, je ne te vois pas ! » Et le père de lui jeter ces mots : « Moi je te vois, cela suffit, saute ! » Et l’enfant sauta et se retrouva sain et sauf dans les bras de son père qui l’avait saisi au vol.

Cette petite parabole traduit exactement ce qui est arrivé à l’homme et à l’histoire le jour de la Résurrection :

> Par son éloignement de Dieu, l’homme a mis le monde en feu et en sang, tout est tragique dans sa vie, parfois désespérant.

> Devant la situation impossible dans laquelle il s’est plongé lui-même, il ne cesse de grimper les étages de son orgueil et de ses fausses sécurités.

> Mais quand un jour rien ne va plus dans son paradis artificiel et qu’au milieu de son drame il perçoit une autre voix, celle du Père qui ne cesse de l’appeler, alors subitement il se trouve devant un choix qui va décider de sa vie ou de sa mort définitives.

> La pierre du tombeau écartée, le tombeau vide, c’est la brèche que la Résurrection a ouverte dans l’épaisseur et l’opacité de notre histoire ; à travers cette fenêtre ouverte, alors que nous ne voyons rien, je peux percevoir dans la profondeur de mon quotidien, qui ressemble si souvent à un tombeau vide, la voix du Père qui m’appelle, et si je me mets à écouter cette voix alors, mais alors seulement, commence mon chemin spirituel : Shema Israël… Ecoute…

Mais attention : c’est là le paradoxe de l’absolue nouveauté de la Résurrection : il n’y a pas de chemin en réalité. Il n’existe pas de chemin, il n’y a qu’un abîme, saute !

Depuis la Résurrection chaque instant est cet abîme ouvert sur l’éternité, chaque instant contient ce regard du Seigneur sur moi qui me dit : « Je te vois, cela suffit, saute ! »

La seule attitude vraie alors d’instant en instant, si je veux sauver ma vie du feu infernal, c’est de dire oui à l’évènement présent quel qu’il soit, joyeux ou horrible, d’adhérer vraiment dans la confiance et l’abandon total, de sauter en somme. A cette attitude Dieu répond toujours en ouvrant les bras, mais l’abîme c’est son propre cœur… Il faut rouler la pierre des apparences de moment en moment et, à travers ce tombeau ouvert, sauter dans le cœur du Dieu trois fois saint !

La vie du Christ ressuscité, c’est notre vie, son corps glorieux, c’est notre corps, car nous sommes morts avec Lui et ressuscités avec Lui. En nous, Il a restauré l’éternelle jeunesse, l’éternité est au cœur du présent et l’infini dans le fini des choses qui passent. A nous d’y descendre comme Lui !

Le disciple du Christ est un être littéralement consumé par la Joie pascale, qui est désormais le phare de son existence, le son juste de sa vie. L’agneau ressuscité irradie toutes choses et, comme un prophète l’a dit, « les casseroles aussi scintillent d’une étrange lumière pour qui sait les regarder… »

Cette foi est notre vie nouvelle ; elle élargit, elle fait éclater nos facultés, elle change la prison de l’espace et du temps en fête éternelle de la rencontre, en Amour qui se donne et ne cesse de se métamorphoser, car elle reconnaît en l’autre le miracle de la Présence, comme les disciples d’Emmaüs ont reconnu le Ressuscité dans l’Etranger…

L’émerveillement et la joie sont la clef de tout… Le tout c’est de commencer… Alors, c’est pour quand ?

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Texte à méditer :

Nous sommes des êtres liturgiques parce que nous marchons dans le temps et que Dieu habite ce temps. Nous sommes dans l’égrenage des jours et des saisons.

Nous sommes la traversée de la vie et de la mort, l’affleurement de l’aube et le dépôt du crépuscule, le retour des heures et des événements dans le sanctuaire de l’âme où Dieu murmure : Ouvre la bouche et moi je l’emplirai (Ps 80,11).

Nous recevons ainsi la Vie de la vie et, comme dans le chant des lamentations, nous répandons notre cœur comme de l’eau en présence du Seigneur (Lam 2,19).

Nathalie Nabert
doyen de la Faculté des lettres de l’Institut catholique de Paris et directeur du Centre de recherche de la spiritualité cartusienne


Prière

Que brille toujours sur nous, Seigneur, la lumière de ton visage.
Dans les tristesses comme dans les joies ce visage en lui-même est toujours paisible, serein, et tout épanoui dans le secret de la lumière intérieure…
C’est sur ce visage souriant du roi qu’est la vie
et sa clémence est comme une pluie tardive.

(Guerric d’Igny, Guerricus abbas Igniacensis, XII°siècle)

Sessions en cours à Béthanie

Du 7 au 8 mai : « Une thérapie divine : le pardon » Une guérison à partir des racines de notre être. info  

Du 17 au 20 Mai : « Les mantras chrétiens ». La répétition d’un mot ou d’une phrase brève est la trame de toutes les Traditions. Il s’agit de se libérer du mental et d’expérimenter le mystère de l’Etre. info 

Du 26 au 27 Mai : Fête de la Pentecôte avec la Communauté de Béthanie. Le samedi, à 16 heures, conférence sur le thème de la présence de l’Esprit et sa plénitude, suivie de l’imposition des mains «pour la guérison de l’âme et du corps».
A 19 heures Grandes Vêpres et le dimanche, à 10H30, Liturgie festive et Agapes fraternelles info

 
 

Informations


Il y a parmi vous, chers lecteurs de cette Lettre, de grands amis qui viennent de publier des livres fort intéressants. C’est avec grande joie que nous vous en faisons part. Dans l’ordre alphabétique des auteurs :

« Guide des Retraites spirituelles » (Ed. Inédit) par Anne Ducrocq, journaliste et écrivain à Paris. Pour revenir à l’essentiel et renaître à soi, on trouve dans ce livret des lieux de ressourcements avec tous les détails utiles.

« Le signe de la croix » (Ed. L’Harmattan) par Pierre Erny, ethnologue à l’université de Strasbourg. C’est un « geste total » qui remonte au début du Christianisme. L’auteur en retrace l’évolution, les significations et la symbolique.

« Naître et mourir » (Ed. François-Xavier de Guibert) par Michel Fromaget de Caen, anthropologue, professeur d’Université. L’homme est corps-âme-esprit. On parle très peu de ce dernier et de sa terrible souffrance au moment de la mort, si on ne prend pas soin de lui. Quelle est cette souffrance spirituelle et que nous dit-elle ?

« Gagner sa vie sans perdre son âme » (Presses de la Renaissance) par Alain Setton, consultant et formateur pour des entreprises. Comment vivre la Bible dans un contexte aussi profane que le travail? Le texte biblique interpelle à chaque instant, inscrit nos comportements dans une éthique, transforme les obstacles professionnels en repères et fait des épreuves un parcours initiatique.
http://www.ethique-management.com/



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