Lettre N°38
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Gorze, Juin 2007

C
hers Amis,

La fête de la Pentecôte est celle de l’accomplissement de tout, c’est l’achèvement de la Création, l’ouverture de la plénitude des temps. Il appartient maintenant à l’homme de vivre celle-ci. C’est pourquoi le dimanche après la Pentecôte est celui de la Trinité, toujours présente désormais à travers ce long temps qui va se dérouler jusqu’à l’Avent. Chemin des fantassins que nous sommes dans les méandres du jour, temps de l’apprentissage de la vie. Mais sur ce Chemin, rien n’est possible sans contempler la Source de toute vie.

Comment le mystère de la Vie procède-t-il, comment la Vie fait-elle pour vivre pleinement ? Quelle est l’image à laquelle nous sommes créés, vers quelle « ressemblance » (« programme ») devons-nous cheminer ? Une seule réponse : Dieu. Car Dieu nous crée, nous suscite à chaque instant, nous sortons de Lui comme le ruisseau d’une source. Mais alors effectivement, la seule chose qui importe est de connaître Dieu !

Nous n’en savons que ce que l’Ecriture Sainte nous a révélé de Lui : Dieu est Amour. Nous ne pouvons risquer ce mot qu’en contemplant Dieu, un seul Dieu en Trois Personnes qui s’aiment éternellement. Non trois personnes juxtaposées, mais trois générosités qui se donnent l’une à l’autre en plénitude. Chacune des Trois Personnes n’est pour elle-même qu’en étant pour les deux autres. Le Père n’existe comme Père distinct du Fils qu’en se donnant tout entier au Fils ; le Fils n’existe comme Fils distinct du Père qu’en étant tout entier élan d’amour pour le Père. Le Père n’existe pas d’abord comme personne constituée en elle-même et pour elle-même : c’est l’acte d’engendrer le Fils qui le constitue personne. S’il n’y avait pas le Fils, il ne serait pas Père, c’est bien évident. Chaque personne n’est soi qu’en étant hors de soi. Elle est posée dans l’être en étant posée dans l’autre. Dans le Père, dans le Fils, dans le Saint Esprit, il y a impossibilité absolue du moindre repliement sur soi.

En d’autres mots, ce qui constitue fondamentalement les Personnes Divines c’est leur dépouillement absolu, la personne en Dieu est constituée tout entière et exclusivement par la référence à l’Autre, par un regard, par un élan vers l’Autre ; toute la propriété en Dieu c’est la désappropriation totale. Dieu est dépouillement, Pauvreté, Dieu n’a rien parce qu’Il donne tout . Mais voilà pourquoi Il est aussi l’Infinie liberté, libre de soi, n’ayant aucune attache à soi. La liberté c’est d’abord cela : d’être coupé de toute adhérence à soi, de ne plus coller à soi, de ne plus se subir soi-même, mais de faire de toute la vie un don dans un pur élan d’amour.

Alors, à l’image de la Trinité, vivre c’est aimer. Aimer, c’est être et vivre pour l’autre et par l’autre, pour les autres et par les autres, jamais par soi et pour soi. Chacune des Personnes Divines n’est elle-même qu’en étant par et pour les deux autres. Pour l’autre : c’est le don ; par l’autre : c’est l’accueil. Accueillir et donner c’est aimer. Dieu est une puissance infinie, c’est-à-dire sans limite, de renoncement à être pour soi et par soi.

Ce qui nous est révélé là, c’est que la relation d’amour est la forme originelle de l’être. Ou, ce qui revient au même, le fond de l‘être est amour, communion. Ainsi le mystère trinitaire éclaire toute l’existence humaine.

Parce que nous savons qui est Dieu, nous savons ce que nous devons être. La personne humaine, c’est l’être qui se réalise en donnant et qui, ne se cherchant pas lui-même, se trouve dans un autre. La vie nous est donnée pour que nous tendions vers les autres, afin de nous donner à eux comme font entre elles les Trois Personnes Divines. Tendre vers les autres, non pour les conquérir ou les posséder, mais pour les enrichir et les grandir. Comme nous le disions à propos du Père, notre personne ne s’éveille que dans l’acte d’engendrer, de grandir l’autre !! L’amour gratuit de l’autre a la capacité de le faire naître à des dimensions mystérieuses et inconnues de lui-même.

Mais pour aimer comme s’aiment les trois Personnes divines, il faut être soi-même, le plus profondément et le plus consciemment possible. Il faut vouloir que les autres soient, le plus profondément et le plus consciemment possible. Et non seulement le vouloir en pensée, en désir, mais agir pour qu’ils le soient. Je veux que tu sois toi et je me consacre toute entier à ce que tu sois pleinement toi. Et ce qui est vrai pour les individus est vrai pour les patries, les races, les civilisations. Fedorov disait : « Il n’y a pas d’autre programme social et politique que la vie de la Divine Trinité et leur relation ! »

Ce mystère inouï est en réalité l’expression de notre propre intimité. La respiration est le grand mouvement de la Vie, qui d’un pôle se donne et d’un autre se reçoit, accueil et don ; entre les deux, l’intervalle, l’abîme du silence. C’est ce dernier, le Père, qui m’engendre fils avec le Fils dans l’inspir et, dans l’expir, répand en moi la plénitude des énergies du Souffle !

Tout est dans la conscience du soufle…


Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Texte à méditer :

La meilleure image pour évoquer le Père est celle du Coeur : chaque battement de cœur est un élan par lequel le Père se donne. Ces battements envoient vers nous le sang du Fils, vivifié par le Souffle de l’Esprit. C’est à participer au rythme de ce cœur que les hommes sont appelés.

Cité par Olivier Clément dans « Sources »

Cette prière veut nous faire contempler
le mystère de la sainte Trinité :


O toi l’au-delà de tout, comment t’appeler d’un autre nom ?
Quel hymne peut te chanter ?
Aucun mot ne t’exprime.
Quel esprit peut te saisir ?
Nulle intelligence ne te conçoit.
Seul, tu es ineffable ; tout ce qui se dit est sorti de toi.
Seul, tu es inconnaissable ; tout ce qui se pense est sorti de toi.
Tous les êtres te célèbrent, ceux qui parlent et ceux qui sont muets.
Tous les êtres te rendent hommage, ceux qui pensent comme ceux qui ne pensent pas.
L’universel désir, le gémissement de tous tend vers toi.
Tout ce qui existe te prie et vers toi, tout être qui sait lire ton univers, fait monter un hymne de silence.
En toi seul tout demeure.
En toi, d’un même élan, tout déferle.
De tous les êtres tu es la fin.
Tu es unique.
Tu es chacun et tu n’es aucun.
Tu n’es pas un être, tu n’es pas l’ensemble : tu as tous les noms ;
comment t’appellerai-je, Toi, le seul qu’on ne peut nommer ?
Aie pitié, ô toi, l’au-delà de tout : comment t’appeler d’un autre nom.


Grégoire de Nazianze (IV ° siècle)

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