Lettre N°41
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Gorze, Octobre 2007

C
hers Amis,


Avec l’automne qui arrive, nous plongeons à nouveau, peu à peu, dans les ténèbres. L’hiver approche et la nature se meurt… Mais n’est-il pas extraordinaire ce visage rayonnant de la mort ? Que veut donc nous dire cette symphonie éblouissante de couleurs et de beauté que chante chaque arbre avant de laisser danser ses feuilles dans le vent ? Ceci : la mort n’est pas une catastrophe finale, mais la joyeuse mutation vers un plus-être ; au cœur même des plus profondes ténèbres : la Lumière de Noël !

Cependant cela n’arrive pas tout seul. C’est pourquoi la vie nous est donnée comme un Chemin initiatique, sur lequel on avance et progresse de jour en jour, d’étape en étape vers cette réalisation… à condition que l’on s’exerce. Sans exercice incessant rien ne se passe, aucune transformation n’est à attendre ! Pourquoi le Messie ne vient-Il pas ? demandait un juif à son rabbin. Et celui-ci de répondre : « Parce que nous sommes aujourd’hui comme nous étions hier ! » Noël est un leurre ou un mauvais rite pour enfants…

Bien souvent, non seulement nous ne nous exerçons pas, mais pis encore : nous sommes tellement dans la négativité que nous ne cessons de résister à la vie, nous ne permettons pas à celle-ci de s’exprimer, de se manifester comme elle le veut, si bien que nous ne connaissons presque jamais des moments de plénitude. Tout est passé sous le crible du jugement, pesant et lourd, une sorte d’autodestruction donc, dont le désespoir et la déprime sont les grands symptômes d’une mort à l’œuvre…

Le Christ, face à cette attitude diabolique et mortifère, nous propose un style de vie simple, mais révolutionnaire. Laisser être la vie, ne plus la manipuler en voulant toujours autre chose que ce qui est, ne plus s’inquiéter mais s’abandonner, se détendre totalement et se reposer en Dieu, Lui faire totalement confiance et le laisser agir, Lui !

L’un des Evangiles les plus fabuleux à ce sujet est celui où Jésus, dans un court texte de seulement 10 versets, répète 6 fois le même verbe : « ne vous inquiétez pas, ne vous faites pas de soucis ! Mais « Regardez les oiseaux du ciel… Contemplez les lys des champs… » (Mat 6,24-34)

Le Christ ne dit pas : « Ne vous occupez pas de la nourriture ou du vêtement » mais « ne vous préoccupez pas ! » Ce n’est pas le travail ni la vigilance qui sont condamnés, mais l’inquiétude et les projets sur l’à-venir comme s’il nous appartenait. Saint Paul est dans le droit fil de l’Evangile quand il dit : « je vous invite à travailler dans le calme et à manger le pain que vous avez gagné vous-même ». Le tort de Marthe à Béthanie n’a pas été de faire la cuisine, mais de s’en faire trop de soucis. Il ne s’agit pas d’encourager à la passivité, mais à vouloir plus et mieux encore, à ce que même notre conscience change totalement de cap. Le Christ ne nous donne pas le pain tout cuit, mais Il affirme que la confiance en Lui est plus importante que notre travail d’homme. On peut dire que tout, absolument tout est dans la confiance : vous savez ce mot contient le mot « fiance » - « fiancé », il s’agit de l’attitude nuptiale de notre foi, des épousailles mystiques avec Dieu à travers tout ce que nous faisons.

Nous étions assis un jour avec un hindou sur une terrasse d’un café à Paris, tout-à-coup il nous dit : « Vous avez de la chance, vous chrétiens, le Christ vous a facilité la tâche ! » - « Comment cela ? » Ne vous a-t-il pas dit : « Cherchez d’abord le Royaume des cieux et tout vous sera donné par surcroît ! » Oui, il n’y a qu’une seule question qui devrait m’animer du matin au soir à travers tout : qu’est-ce qui me polarise, quelle est mon intention première et directrice à chaque instant ??? Il n’y a de Chemin qu’à ce prix-là. Seule cette polarité passionnée de tout notre être sur le Christ sort le quotidien des ténèbres et fait de lui une colonne de Lumière qui porte nos pas et en laquelle nous pouvons nous abandonner libre de tout souci.

Comme le développe admirablement Eloi Leclerc dans « La Sagesse d’un pauvre » à propos de saint François d’Assise, la plus haute activité de l’homme et sa maturité ne consiste pas dans la poursuite d’une idée, d’un souci, d’un problème ou d’une inquiétude, mais dans l’acceptation humble et joyeuse de ce qui est, de tout ce qui est. L’homme qui se fait des soucis, qui est préoccupé, reste enfermé en lui-même et ne communie pas vraiment aux êtres. Il s’agite désespérément à l’intérieur de ses limites. Au bout du compte il croit avoir changé quelque chose, mais il se meurt sans même avoir vu le jour. Il ne s’est jamais éveillé à la réalité. Il lui manque la profondeur et la paix. La profondeur d’un homme est dans sa puissance d’accueil.

C’est très difficile d’accepter la réalité, de s’abandonner à la volonté de Dieu ici et maintenant. Nous voulons toujours « ajouter une coudée à notre taille », d’une manière ou d’une autre, comme dit l’Evangile. Tel est le but de la plupart de nos actions, même spirituelles. Jusqu’au jour où nous nous heurtons à un échec profond, il ne nous reste alors que cette seule réalité démesurée : Dieu est. Et ce Dieu est un Père qui me donne à chaque instant ce qui est le meilleur pour moi. L’homme qui accepte cette réalité et qui s’en réjouit à fond a trouvé la paix et l’attitude d’abandon. Dieu est et cela suffit. Quoiqu’il arrive il y a Dieu, la splendeur de Dieu. Cet homme est entièrement ouvert à l’action de Dieu qui fait de lui ce qu’Il veut et qui le mène où Il veut. Cette sainte obéissance donne à l’homme accès aux profondeurs de l’univers, il voit clair à l’intérieur du monde. Seul l’homme qui accepte Dieu de cette manière est capable de s’accepter vraiment soi-même. Il devient libre de tout vouloir particulier. Il ne veut plus que ce que Dieu veut de moment en moment. Cet homme a découvert la Joie suprême ! Ses vieux jours sont comme les couleurs de l’automne et son sourire une Lumière sans déclin… Un vieux Sage disait : « Sois heureux un instant, cet instant c’est ta vie ». Le tout est de commencer. Alors, c’est pour quand ?

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Prière

Mon Père, Je m’abandonne à Toi,
fais de moi ce qu’il Te plaira.
Quoi que Tu fasses de moi, je Te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que Ta volonté se fasse en moi,
en toutes les créatures, je ne désire rien d’autre mon Dieu.
Je remets mon âme entre Tes mains.
Je Te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur, parce que je T’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,
de me remettre entre Tes mains sans mesure
avec une infinie confiance,
car Tu es mon Père.


Charles de Foucauld

Texte à méditer :

Nul ne peut servir deux maîtres : ou il haïra l’un et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent. Voilà pourquoi je vous dit : Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement ?

Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent ni ne recueillent en des greniers, et votre Père céleste les nourrit ! Ne valez-vous pas plus qu’eux ? Qui d’entre vous d’ailleurs peut, en s’inquiétant, ajouter une seule coudée à la longueur de sa vie ? Et du vêtement pourquoi vous inquiéter ?

Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon lui-même dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux. Que si Dieu habille de la sorte l’herbe des champs, qui est aujourd’hui et demain sera jetée au four, ne fera-t-il pas bien plus pour vous, gens de peu de foi ! Ne vous inquiétez donc pas en disant : Qu’allons-nous manger ? qu’allons-nous boire ? de quoi allons-nous nous vêtir ? Ce sont là toutes choses dont les païens sont en quête. Or votre Père céleste sait que vous avez besoin de tout cela.

Cherchez d’abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas du lendemain : demain s’inquiétera de lui-même.
A chaque jour suffit sa peine.

(Matthieu 6, 24-34)

Sessions en cours à Béthanie

Du 20 au 21 octobre : « Trouver sa voix » . Le Son au-delà du son guérit notre nature blessée et fait chanter en nous le mystère de l’Etre. Avec Gundelinde. info 

Du 20 au 21 octobre : « Chantier de travail » ». Pour offrir un peu de son temps et de son énergie à l’entretien de Béthanie, au cœur de la prière et de la Divine Liturgie. info 

Du 2 au 4 novembre : « Une thérapie divine : le pardon » . La liberté et la joie d’aimer sans conditions. Une vraie guérison de l’âme et du corps. Avec le Père Alphonse et Rachel Goettmann. info 

Du 16 au 18 novembre : Retraite de l’Avent, prêchée cette année-ci par notre évêque Mgr Grégoire. Jeûne, silence, méditation de la Parole de Dieu. info  


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