Lettre N°42
www.centre-bethanie.org
 

 

 

 

 

 

 

 
archives
imprimer

Gorze, Novembre 2007

C
hers Amis,


Ce temps d’avant Noël, où l’on met un peu partout les sapins en lumière et l’on décore les vitrines d’une façon tout à fait particulière, suscite en chacun de nous une extraordinaire nostalgie. Si nous la laissons vraiment vivre en intériorité, nous pouvons découvrir qu’il s’agit de bien autre chose que d’une enfance perdue ou de la vie qui s’en va vide de sens… Les cadeaux qui s’annoncent veulent combler cette béance, mais, hélas, ils sont seulement le symbole d’une toute autre réalité !

Depuis que l’homme a quitté le paradis, c'est-à-dire sa propre profondeur, il est un errant malheureux, à la recherche de lui-même et de son origine. Un poisson hors de l’eau serait une bonne parabole pour décrire son état : l’homme est hors de lui, il s’ébat comme un fou, hurle après sa substance perdue et ne peut survivre que lorsqu’il aura retrouvé son élément… La quête de notre identité habite le fond de toutes nos inquiétudes et la nostalgie du sens, c'est-à-dire du but de notre vie, est le contenu secret de chacun de nos actes. Nous savons, peut-être inconsciemment, que l’autre rive existe, mais comment y parvenir ?

Pour le poisson il n’y a qu’une plénitude : l’eau ! Et pour l’homme ?

Son chemin semble tracé en lui-même. Mais, puisque l’homme l’a perdu, seul Dieu peut à nouveau le lui révéler. Or la révélation biblique dit : « l’homme est créé à l’image de Dieu » (Gn 1,26). Quelle est cette « image » ? C’est le Christ, répond saint Paul : Il est l’Image du Dieu invisible… Car en Lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre, les choses visibles et les choses invisibles…tout a été créé par Lui et en Lui. Et Lui est avant tout, et Il a tout constitué en Lui » (Col 1,15-18).

Donc le prototype de l’homme, c’est le Christ, et le programme de notre croissance, c’est de porter l’image, qui se trouve en nous comme un germe, à la plénitude de sa réalisation, c'est-à-dire le Christ en personne (Eph 4,13). Pour l’homme, s’accomplir pleinement signifie : laisser le Christ grandir en lui. Il n’y a pas de vie ni de maturation possibles pour nous hors du Christ ; Il est notre « élément », notre « milieu » vital, comme l’eau l’est pour le poisson. Autrement dit : la vérité de l’homme ne se trouve pas en lui-même, mais dans le Christ ; c’est seulement par le Christ que je peux apprendre qui je suis et où je vais.

Le Christ n’est pas seulement mon prototype, mais encore mon Chemin. Je suis modelé « à son image », cela veut dire que tout mon être est « programmé » par Lui et pour Lui, et que tout ce qui est en moi : mes facultés, mes dons, mes sens, mes désirs, mon corps et mon âme, jusqu’à la moindre de mes cellules contiennent un but qui est de « réaliser » le Christ et de finir par lui ressembler. Pour paraphraser saint Basile le Grand (IV°siècle), on peut dire : le jour de mon anniversaire est celui de l’Incarnation de Dieu le Verbe. Avec Lui, l’homme intégral est né et Il ouvre par là à tout homme la possibilité de cette réalisation.

Contrairement donc à l’opinion commune, l’homme n’est pas déterminé par sa biologie ou son psychisme, mais par Dieu seul. L’homme n’est vraiment homme qu’en se recevant à chaque instant de Dieu. « L’image » de Dieu est le principe ontologique dans la profondeur de l’homme, c’est de cette image que l’homme se reçoit et c’est par elle qu’il s’accomplit.

L’homme, hélas, s’est tourné vers d’autres principes, ceux du monde ; ce faisant, il est tombé dans l’état contre nature et toute l’histoire de l’humanité a pris une autre tournure, à l’encontre du projet divin.

Mais la venue du Christ dans notre chair a fait éclater ce cercle. Maintenant le plaisir, au lieu d’être centration sur soi, donc autodestruction, peut être habité par l’amour et être transfiguré par la joie spirituelle. La transformation de l’eau en vin, aux noces de Cana, est le symbole de la prodigieuse mutation que le Christ a introduite au sein même de la corruption du monde d’après la chute. Partout et toujours chaque homme a désormais ce double choix : reproduire la chute en prenant le plaisir pour une fin en soi ou se greffer sur le Christ pour trouver la vie en plénitude.

En effet, par l’Incarnation (qui culmine évidemment dans le Résurrection et la Pentecôte) s’abolit toute distance entre Dieu et l’homme. Le Christ unit en une seule personne divinité et humanité : en tant que tel Il est l’Homme Nouveau, Celui qui engendre la nouvelle race des hommes. Depuis sa venue dans notre chair, nous sommes libérés de la rupture avec Dieu, son « image » en nous a retrouvé sa plénitude et sa beauté première, notre asservissement à Satan est terminé, il nous est à nouveau possible de vivre selon notre vraie nature. Dieu, en descendant dans notre chair, l’a rendue incorruptible, la mort est vaincue, l’homme tout entier est renouvelé.

Voilà l’immense Cadeau dont tous les autres cadeaux de Noël ne sont que le symbole. La joie qui m’est offerte de l’extérieur m’éveille à la Joie qui est devenue ma chair et mon sang, « plus intérieure à moi que moi-même ». Je suis moi-même l’Arbre de Vie illuminé et témoin que la nostalgie est une Plénitude déjà réalisée…

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Prière

Viens, Lumière de Lumière, Orient de l’Orient,
pour communiquer la vérité
à ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort.

Viens T’incarner de la Vierge, Verbe Créateur,
pour éclairer la créature par Ta divinité.

Viens, consubstantiel au Père et à l’Esprit, Dieu inaccessible,
pour Te manifester dans la substance humaine, ô Emmanuel.

Avant l’aurore de la création, engendré par le Père éternel,
Tu viens de loin dans la nuit des temps, Seigneur,
pour nous communiquer l’éclat de Ta divinité.

Gloire à ton abnégation, ô Verbe,
gloire à Ton retour glorieux,
gloire à Tes deux Avènements,
alleluia, alleluia, alleluia !

(Propre de l’Avent dans l’Eglise Orthodoxe)

Texte à méditer

L’Esprit fait pénétrer le Christ en nous jusqu’au bout de nos doigts, Il pénètre notre corps…
Moi, indigne, je suis la main et le pied du Christ !
Je meus ma main et ma main est tout Christ, je meus mon pied et je vois toute la gloire de Dieu, car la divinité de Dieu s’est unie à moi indivisiblement.

Saint Syméon le Nouveau Théologien (XI°siècle)

Sessions en cours à Béthanie

Du 30 Novembre au 2 Décembre : « Le couple : accordance – discordance –transcendance » . A la découverte de l’amour comme Chemin de sainteté. info 

Du 8 au 9 Décembre : « Le sacrement du Son ». avec Jean-Paul Dessy, compositeur, chef d’orchestre. La musique comme Chemin de transformation de soi et de rencontre avec Dieu.info 

Pèlerinage en Terre Sainte du 13 au 24 Juillet 2008 : mettre ses pas dans ceux du Christ, toucher les lieux où Il a vécu, écouter les textes là où Il les a prononcés. S’inscrire à temps, places limitées.

Informations

Si vous êtes en mal de trouver des cadeaux de Noël, nous sommes heureux de vous en suggérer quelques-uns qui, en même temps, nourrissent l’âme et l’esprit :

« La Joie, Visage de Dieu dans l’homme » d’A et R Goettmann (Desclée de Brouwer)
Prix : 19 € + frais d’envoi 2.90€ = 21.90€

« Béthanie ou l’art de guérir » de Anne Ducrocq (Presses de la Renaissance).
Prix : 18 € + frais d’envoi 2.90€ = 20.90€

« Le Chemin », Revue Trimestrielle, abonnement pour 1 an = 38 euros

Peut-être vous est-il, possible aussi de vous offrir à vous-même un cadeau inoubliable : le pèlerinage en Terre Sainte du 13 au 24 juillet 2008. Se renseigner à Béthanie.


cliquer pour agrandir

 

 

 

 

 
 


Pour recevoir la lettre de Béthanie gratuitement chaque mois par internet, inscrivez-vous en vous connectant à l’adresse http://www.centre-bethanie.org/liste_diffusion.htm et enregistrez votre adresse e-mail.
nous contacter
envoyer la lettre à un ami
télécharger la lettre en pdf
télécharger la lettre en word zippé
imprimer la lettre en ligne