Lettre N°51
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Gorze, septembre 20088

C
hers Amis,

La rentrée d’automne signifie pour beaucoup parmi nous le retour dans l’agitation et le bruit… Le monde a désappris le silence. C’est pourtant dans le silence que le monde a son origine et sa fin. Dieu est aussi silence et puisque l’homme est à son image, le fond de son être est silence. Cela explique la montée de l’angoisse et la peur de la mort au sein du bruit qui règne dans les villes, et atteint maintenant les campagnes les plus reculées et les dernières réserves de nos forêts.

La machine, sous ses multiples formes, ne cesse d’envahir tout peu à peu et ne recule, elle, devant rien. Harcelé par la nostalgie insurmontable de son silence originel, l’homme de nos jours commence à fuir dans les déserts du Sahara, dans les retraites des monastères ou dans des vacances exotiques, symboles d’un ailleurs perdu…Devant l’asphyxie générale il est important d’avoir ces bouches d’air pour survivre à court terme. Mais à long terme il s’agit de vivre pleinement à chaque moment et non seulement durant quelques moments privilégiés. Le désert est ma propre profondeur et mon cœur est une cellule de monastère, l’au-delà est au fond de moi-même. Là, au milieu même du bruit, se trouve la plénitude.

Cependant pour pouvoir prendre ce chemin, il faut d’abord l’apprendre. Et c’est à la fois apprendre l’homme et Dieu qui ne se rencontrent que dans ce commun langage qu’est pour eux le silence. Il y a un alphabet et une grammaire du silence. Si nous nous mettons à son école, si nous épelons quotidiennement sa réalité, son mystère s’éveille en nous et nous enveloppe de sa présence. Il existe une culture du silence : c’est une manière d’être qui s’acquiert à travers une pratique. L’homme s’exerce dans des temps forts qui deviennent peu à peu un état permanent.

On « fait » d’abord des exercices, puis c’est l’homme tout entier qui est Exercice ; on fait des prières mais l’on doit devenir prière ; on va à la liturgie mais tout notre être est appelé à devenir liturgique et le quotidien une célébration ; nous cherchons à expérimenter Dieu, mais ce faisant nous devenons nous-mêmes des dieux à plein temps ! C’est pourquoi : « Aucun exercice spirituel ne vaut celui du silence », dit saint Séraphin de Sarov (1759 – 1833). Le rôle de la Tradition et de l’Eglise est de nous plonger constamment dans cette sagesse et de nous en donner les moyens.Le premier de tous les moyens est le regard clair sur soi, qui nous permet de discerner l’envers du silence intérieur et son grand obstacle : le tumulte bruyant des passions.

L’homme coupé de Dieu n’a pas sa demeure dans son esprit, où habite le silence, mais dans son âme (le psychisme), qui est dans la dualité. Au lieu de vivre à travers Dieu, de tout voir à sa lumière et avec ses yeux, l’âme voit et vit par elle-même d’une façon autonome. C’est le faux moi, le non-être qui, ne nourrissant plus l’unique désir intérieur de Dieu, va nourrir les multiples désirs extérieurs nés de cette coupure.

D’où vient mon désir et où va-t-il ? Là est le terrain de l’ascèse, sa matière première et le lieu même de toute conversion. C’est une vigilance de tout mouvement intérieur et extérieur. Rien n’est possible, aucun accomplissement, ni bonheur, ni paix, tant que le désir est retourné sur lui-même, égocentré et avide !

Le jeûne est le moyen radical entre tous pour couper les « ailes du désir ». Il fait table rase et nous met d’une manière abrupte devant l’évidence de nos penchants. Ne les nourrissant plus de l’extérieur, l’homme devient le sujet d’une révélation tout à fait archaïque en lui ; en réalité il a faim, non de pain, mais de Dieu. Là le jeune révèle son mystère profond : c’est que finalement tous nos désirs sont habités par l’unique désir de Dieu. Le jeûne met à vif ce désir. L’Eglise nous propose de jeûner tous les vendredis, le temps de l’Avent et du Carême. C’est au sein de son jeûne de quarante jours que le Christ nous en donne le secret :

L’homme ne vit pas que de pain
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
(Mt 4,4)

En effet, celui qui a vraiment exercé l’écoute sait à quel point il est à ce moment-là déconnecté de tout parasitage, tout se tait, même les distractions, les multiples pensées, et en même temps il est plongé dans un silence abyssal qui lui fait toucher le mystère d’une Présence. C’est pour cette double raison que l’ouïe est le sens le plus exercé sur le chemin.

L’écoute devrait être permanente puisque Dieu nous parle à chaque instant à travers les événements, les rencontres et tout ce qui arrive à l’intérieur ou à l’extérieur de nous. Mais pour reconnaître sa voix, au-dehors, il faut d’abord appendre à la connaître au-dedans ; c’est l’écoute de la Parole dans la Bible. Là, elle est annoncée par les prophètes et s’incarne en Jésus-Christ. En contemplant Jésus, en nous laissant pénétrer par sa présence et sa parole, nous sommes peu à peu pétris des mœurs de Dieu Lui-même. Toute la Bible est une présence réelle du Christ, il ne s’agit pas de lire avec son mental un texte ancien, mais de recevoir la Parole comme l’Eucharistie, c’est une communion : la Parole nous assimile et nous l’assimilons.

Ainsi comme le remarque Origène (IIe siècle), la lecture de la Bible ne s’ajoute pas à la vie, mais transforme la vie quotidienne en lecture vivante de la Parole, la vie devient le lieu où le Verbe parle sans cesse. L’écoute est donc cet exercice de vigilance constante où l’attitude juste est de communier à l’instant présent, de devenir un avec ce qui est ici et maintenant. Puisque « tout est grâce », même ce qui m’est contraire, je peux « rendre grâce en tout temps et en tout lieu » ! Cette écoute incessante de la vie crée en nous et autour de nous un silence prodigieux, un fond de paix, de joie et d’amour. C’est une révélation continuelle de Dieu, la jouissance de l’Epoux…

La méditation et la prière, temps forts de notre journée, deviennent une attitude de vie en plénitude. Qu’il en soit ainsi pour chacun d’entre nous !

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Prière

JE VAIS VOUS REVELER UN SECRET DE SAINTETE ET DE BONHEUR

Si tous les jours, pendant cinq minutes, vous savez faire taire votre imagination, fermer vos yeux aux choses sensibles et vos oreilles à tous les bruits de la terre pour rentrer en vous-même, là, dans le sanctuaire de votre âme qui est le temple du Saint Esprit, parlez à ce divin Esprit en Lui disant :

Ô Saint Esprit, âme de mon âme, je T’adore, éclaire-moi, guide-moi, fortifie-moi, console-moi ; dis-moi ce que je dois faire, donne-moi Tes ordres. Je Te promets de me soumettre à tout ce que Tu désires de moi et d’accepter tout ce que Tu permets qu’il m’arrive. Fais-moi seulement connaître Ta volonté.

Si vous faites cela, votre vie s’écoulera heureuse, sereine et consolée, même au milieu des peines, car la grâce sera proportionnée à l’épreuve, vous donnant la force de la porter et vous arriverez à la porte du Paradis.
Cette soumission au Saint Esprit est le secret de la sainteté.

Mgr Jean de Saint-Denis (Eugraph Kovalevsky)

Texte à méditer

C’est le jeûne qui est la mort des vices, la vie des vertus…, la force des esprits, la vigueur des âmes…, la cité de la sainteté.


Pierre Chrysologue (V°siècle)

Informations

A l’occasion de la canonisation de Monseigneur Jean les 11 et 12 octobre prochain, paraîtra une sélection de textes autour de son autobiographie. On y découvrira un génie et un saint favorisé de grâces extraordinaires dès son enfance. Le livre, intitulé « Jean de Saint-Denis. Un Prophète pour notre temps » est disponible à Béthanie au prix de 10 euros + 4 euros de port et d’emballage.

C’est avec joie que nous vous annonçons la réédition de l’album « Graf Dürckheim. Images et aphorismes » (Ed. Dervy). Il parait dans un format plus accessible, tout en gardant sa beauté et sa vigueur premières. Disponible à Béthanie au prix de 18 euros + 4 euros de port et d’emballage.

Ces deux livres pourraient être de merveilleux cadeaux de Noël…Il faut y penser à temps !

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