Lettre N°52
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Gorze, octobre 2008

C
hers Amis,

La nature est une Bible où l’on peut lire la Parole de Dieu à livre ouvert. En cette saison d’automne, les feuilles qui tombent une à une des arbres, ne cessent de nous répéter, sans se lasser, une réalité grandiose : la vie spirituelle, l’aventure vraiment humaine, commence avec le lâcher-prise. Dans la Bible, on voit que l’homme existe seulement par le devenir, il est un être de mutation, vivre c’est naître toujours à nouveau au nouveau et donc lâcher pour mourir à l’ancien… Ainsi la vie se définit par une incessante mort et renaissance, qui s’inscrit jusque dans notre intimité profonde par le grand mouvement de la vie qu’est le souffle : expiratrion-inspiration. Le livre de la Genèse s’ouvre sur cette réalité inouïe : Dieu expire dans l’homme et l’homme inspire, puis c’est l’homme qui expire et Dieu inspire : c’est en cela et par cela que l’homme est un être vivant (Gn 2,7). On voit là, dans son noyau même, la réciprocité d’amour, accueil et don, qui constitue l’acte créateur introduisant l’homme dans une alliance nuptiale avec Dieu. Toute la trame biblique est ainsi posée dans son essence : vivre c’est aimer, car « Dieu est amour et l’homme est à son image ». Mais il n’y a qu’une manière d’aimer, c’est de mourir d’amour. Dieu l’a fait et l’homme n’est homme qu’en le faisant. Seul le lâcher-prise absolu, le vide, appelle le don absolu et laisse la place à la plénitude…

Il n’est pas étonnant alors que l’homme biblique soit un nomade, en exode permanent… Aussi les premières paroles que Dieu adresse au premier homme de l’histoire datée, à Abraham, c’est : Va, quitte ton pays, et va vers le pays que je te montrerai (Gn 12,1). Ce « pays », que Dieu veut nous montrer, c’est notre propre mystère, la splendeur de notre identité profonde, là où Dieu est chez Lui en nous. Mais cela n’est possible qu’en se mettant en route, en rompant les amarres du « petit moi » englué dans les dépendances extérieures, en s’ouvrant aux horizons lointains de la radicale nouveauté. Du début jusqu’à la fin de la Bible, c’est la même tension que l’on rencontre partout. Elle culmine dans la Croix, où le « lâchez-prise » perce l’abîme. Et au lendemain de la Résurrection, Jésus dit à ses disciples : « Allez, c’est à vous, soyez témoins de cela ! » Ce qui fera dire à saint Paul : J’oublie ce qui est derrière moi, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but (Ph 3,13). Lâcher-prise, c’est avoir le courage de sauter hors de sa vieille vie…

L’Evangile met avec puissance en relief cette attitude fondamentale des disciples de Jésus. Pêcheurs sur le lac de Génésareth, leur univers c’est l’eau, le poisson, leur famille et les amis, la joie d’une existence rude, bien implantée et sans question, un cadre de vie que rien ne pouvait briser… Jésus passe par là et les appelle : Venez à ma suite…Eux, aussitôt, laissant les filets, le suivirent (Mt 4,20). La sobriété de ces mots ne permet pas de soupçonner l’énormité des conséquences d’un tel acte. L’important, c’est de savoir couper les ponts, le reste est une affaire de confiance… pensent-ils. La même chose arrive à Lévi, le percepteur, assis en plein travail à la douane, lorsque Jésus passe et l’appelle : Suis-moi ! Et quittant tout et se levant, il le suivait (Lc 5,28). Voilà un homme qui s’arrache à ses sécurités de fonctionnaire, bien assurées par tout le contexte politique et commercial, pour se livrer à ce « prophète » inconnu, errant et sans ressources, qui n’a même pas une pierre où reposer sa tête, selon ses propres propos (Mt 8,20). Tous les bien-pensants invités au repas d’adieu de Lévi sont choqués. Il porte atteinte au sens qu’ils ont donné à leur vie : faire carrière, s’installer, être honoré, vivre sans risques… C’est une vie morte, mais Jésus dit : Laisse les morts enterrer les morts ! (Mt 8, 18-22) Parole scandaleuse…

Autrement dit : tout réside dans le but qu’on a dans la vie. Vivre ne veut pas dire s’occuper de ce qui est mort, mais du Vivant. Quelqu’un qui veut être vivifié ne va pas s’asseoir dans une mare d’eau croupissante et morte, mais dans la source. Les Apôtres ont profondément perçu cette réalité dans la puissance extraordinaire de l’appel du Christ. Cela seul explique comment ils ont pu se lever aussitôt et lâcher tout. Saint Paul, qui est toujours embrasé par ce dynamisme de la nouveauté, est sans doute celui qui a le mieux formulé le motif : Tous ces avantages dont j’étais pourvu, je les ai tenus pour un désavantage à cause de la supériorité de la connaissance du Christ Jésus mon Seigneur. A cause de Lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme déchets, afin de gagner le Christ et d’être trouvé en Lui… (Ph 3, 7-9). Le petit mot « à cause de », qui définit le but, revient comme un leitmotiv. Le Christ Lui-même l’utilise à maintes reprises, en particulier à la fin des « Béatitudes », qui sont la charte de son enseignement. Le but de l’homme c’est d’être heureux, et chacun cherche à l’être pour de multiples motifs, mais le Christ n’en propose qu’un seul : A cause de moi (Mt 5,11). Il dit même que, si le but de notre vie c’est Lui, alors, serions-nous dans la persécution et la souffrance, vivre pour nous c’est « joie et allégresse ».

L’important pour l’homme c’est de « se lever », d’être debout, dans la vie verticale, à l’écoute du Maître intérieur et de le « suivre », en lâchant tout sans rien quitter. Celui qui a une fois perçu la voix du dedans, la cherche et la trouve partout. Il acquiert une sensibilité au Son au-delà de tous les sons et au cœur même de ceux-ci. Sa caractéristique, c’est la transparence. Tout est dans l’écoute qui ouvre à la vision : « Ecoute voir ! ». Et quand on est alors dans l’émerveillement, on s’aperçoit qu’on a tout lâché.

Alors, soyons comme les feuilles qui tombent des arbres : elles ne sont pas du tout « mortes », selon les dires, puisque leur lâcher-prise les remplit de joyeuses couleurs et qu’elles descendent vers la Terre en dansant pour la féconder d’une semence d’immortalité…

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Prière

Mon Père,
je m’abandonne à Toi.
Fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoique tu fasses de moi, je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que Ta volonté se fasse en moi, et en toutes tes créatures,
Je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains,
je te la donne mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur, parce que je t’aime
et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,
de me remettre entre tes mains sans retenue,
avec une infinie confiance,
car Tu es mon Père.

Père Charles de Foucauld

Texte à méditer

Si un homme est vide de toutes choses, de toutes créatures, de lui-même et de Dieu, et si Dieu pouvait encore trouver place en lui pour agir, nous dirions : tant que cette place existe, cet homme n’est pas pauvre de la pauvreté la plus intime. Car Dieu n’a pas en vue que cet homme ait en lui une place réservée pour Son action, puisque la véritable pauvreté d’esprit exige que l’homme soit vidé de Dieu et de toutes Ses œuvres de façon que, si Dieu veut agir dans l’âme, c’est l’homme lui-même qui doit être la place dans laquelle il agit, et cela, il aimerait le faire. Car si Dieu trouvait une fois une personne aussi pauvre que cela, il prendrait la responsabilité de Sa propre action, parce que Dieu agit en Lui-même. C’est ici, dans cette pauvreté, que l’homme recouvre l’être éternel qu’il fut, qu’il est et qu’il sera à jamais.

Maître Eckhart , XIII°siècle

 

Sessions en cours à Béthanie

Du 30 octobre au 3 novembre : « Prière de Jésus : Prière du Cœur »
Perle précieuse de la Bible et de la Tradition, cette Prière conduit à la permanence de l’union transformante à travers le quotidien
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Du 1er au 2 novembre : « Trouver sa voix » avec Gundelinde (Méthode Werbek).
La vibration sonore : remède pour l’âme et le corps.
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Les 10 et 11 novembre : « Rencontre avec le Rabbin Philippe Haddad » autour des racines juives du christianisme. Un évènement à Béthanie ! Cliquer pour en savoir plus.

Du 14 au 16 novembre: « Retraite de l’Avent » prêchée par Monseigneur Grégoire, évêque de l’Eglise des Gaules. Jeûne, silence, solitude autour de la méditation de la Parole.! Cliquer pour en savoir plus.

Du 6 au 7 décembre: session "Gagner sa vie sans perdre son âme" d'Alain Setton Cliquer pour en savoir plus.

Télécharger http://www.centre-bethanie.org/compresion/setton_ame.pdf

Informations

La canonisation de Monseigneur Jean, le week-end dernier, a été une fête extraordinaire ! Autour du nouveau saint étaient rassemblés près de 200 personnes venus de tous les horizons français, belges, suisses, anglais, hollandais… et, bien-sûr, nos évêques. Cet événement est un grand symbole de l’Orthodoxie occidentale. Nous sommes heureux d’être les héritiers de saint Jean de saint Denis qui a jeté la semence d’un avenir nouveau par son être et son message si exceptionnels.

Ceux qui aimeraient le connaître pourraient lire son autobiographie intitulée : « Jean de saint Denis – un prophète pour notre temps » (Ed. Le Chemin), 10 euros, réalisé par Pascal Sauvage, et pour connaître son chef-d’œuvre : « La messe de l’ancien rite des Gaules – Origine et restauration » (Ed. L’Harmattan), 22 euros dont l’auteur est notre évêque Monseigneur Grégoire. A cela il faut ajouter l’album d’aphorismes de Mgr Jean, accompagnés de photos de sa vie, ainsi que des icônes qu’il a peintes : « De l’Orient à l’Occident. Le sens d’un exode », 20 euros, réalisé par Alphonse et Rachel Goettmann. Ces trois livres sont disponibles à Béthanie, ajouter 4 euros de port.

Voir aussi les vidéos réalisées à l'occasion de ces cérémonies http://www.dailymotion.com/Centre-Bethanie et http://www.eglise-orthodoxe.eu/livre_origine_messe_mendez.htm

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BETHANIE, Prieuré Notre-Dame et St-Thiébault, 57680 GORZE


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