Lettre N°69

Gorze, avril 2010

C
hers Amis,


Le Christ ressuscité est venu allumer en chacun d’entre nous la fête immuable de l’Amour et de la Joie. Désormais sa plénitude de Lumière et de Vie constitue le tréfonds même de notre être. Qu’on se souvienne de cette admirable image des Pères pour exprimer le mode de guérison de l’homme par Dieu : le feu dans le fer. Le fer jeté dans la braise prend les propriétés du feu, comme par osmose, ainsi, à l’Incarnation, Dieu devient homme et celui-ci acquiert les qualités divines, sa nature malade unie à celle de Dieu se transforme.

Le Christ guérit notre nature de l’intérieur ; en y descendant Il la libère de ses infirmités, et en même temps Il la régénère et l’illumine. Il se fait lui-même passion, écrit saint Maxime le Confesseur dans les « Centuries », pour guérir nos passions pas Sa passion. Effaçant ainsi dans la chair nos passions au-delà de toute mesure, en son amour de l’homme, il renouvelle dans l’Esprit nos facultés.

En y descendant, le Christ-Dieu n’écarte pas la souffrance et la mort pour les remplacer par la Vie, c’est la souffrance elle-même qui se transforme en chemin vers l’incorruptibilité et la mort se métamorphose en Vie. Le vieil homme, dans sa nature corrompue, a été crucifié avec le Christ. Désormais, nous sommes libérés de l’esclavage des passions et du pouvoir tyrannique qu’avait Satan sur nous (Rm 6,6 ; He 9,26).

Par sa mort et sa résurrection, le Christ recrée l’homme et renouvelle sa nature de fond en comble. Libérée de ses passions, celle-ci retrouve l’orientation première vers Dieu, les facultés sont restaurées et l’être entier de l’homme recouvre sa santé paradisiaque. Bien plus : dans le Christ ressuscité, tout est pleinement accompli ; non seulement notre nature est libérée de tous ses maux, mais elle est déjà pleinement déifiée.

En effet, par l’Incarnation, qui culmine dans la Résurrection et la Pentecôte, s’abolit toute distance entre Dieu et l’homme. Le Christ unit en une seule personne divinité et humanité : en tant que tel Il est l’Homme Nouveau, Celui qui engendre la nouvelle race des hommes. Depuis sa venue dans notre chair, nous sommes objectivement libérés de la rupture avec Dieu, son « Image » en nous a retrouvé sa plénitude et sa beauté originelle, notre asservissement à Satan est terminé, il nous est à nouveau possible de vivre selon notre vraie nature. « Objectivement », le Christ a tout « accompli » (Jn 19,30), chaque homme reste libre, bien sûr, de l’accepter ou non. Mais désormais Satan n’a plus aucun pouvoir sur l’homme si celui-ci ne lui donne pas son libre accord.

Nicolas Cabasilas dit que Dieu a refondu la nature humaine comme on refait une statue brisée et défigurée en la mettant dans un autre moule. Le « moule » c’est le Christ, c’est en Lui, à son Image, que l’homme est remodelé. Les Pères sont sur ce point d’un réalisme inouï, ce qui est d’ailleurs dans la logique même de l’Incarnation. Cabasilas ramasse le vécu de toute une Tradition mystique depuis les origines quand il dit :

Le sang par lequel nous vivons maintenant est le sang du Christ et notre chair est le corps du Christ…Les membres nous sont communs et la vie nous est commune.

Dans cette mutuelle inhabitation, Dieu repose dans l’homme corporellement (Col 2,9) et l’homme repose corporellement, physiquement en Dieu. Communion charnelle où le corps se manifeste comme lieu de perception immédiate du Christ-Dieu incarné en l’homme.

Le seul travail de l’homme, c’est de s’ouvrir de tout son être à cette Présence qui l’habite, plus intime à lui que lui-même (saint Augustin), de s’unir à elle consciemment et, d’étape en étape, jusqu’aux plus hautes épousailles. Ce sont là les étapes même de notre guérison. Il n’y a plus alors de maladie, bien que malade, il n’y a plus de mort, bien que mourant, même si l’homme extérieur en nous s’en va en ruines, l’homme intérieur se renouvelle de jour en joue… et une masse éternelle de gloire nous attend (2 Co 4,16-18). Aucune limite ne s’impose à cette croissance qui désormais est autre que la santé physique.

Il se produit sur ce Chemin de re-création un saut de la conscience, où l’homme quitte le plan horizontal des opposés : bien-mal, santé-maladie, vie-mort… La guérison prend alors un sens radicalement nouveau. A mesure que l’homme s’unit au Christ personnellement et entre dans le trésor de vie et de grâces ouvert pour lui par la mort et la résurrection, des pans de murs s’écroulent, des fixations passionnelles lâchent prise, des nœuds se défont… c’est la naissance à la dimension non conditionnée : Dieu naît dans l’homme et l’homme naît en Dieu. Depuis son Exil, l’homme soupire après cette réciprocité des consciences divino-humaine, car la conscience de l’homme est le lieu du repos de Dieu ; elle est ontologiquement malade sans l’étreinte de la conscience amoureuse de Dieu. C’est dans cette étreinte que se trouve la guérison définitive de l’homme. Il n’y a aucune limite à l’expérience de cet approfondissement sans fin, car la conscience de l’homme est capable d’accueillir en elle l’infini de la lumière de Dieu. C’est là le lieu de son repos.

Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

 

Texte à méditer

L’Esprit-Saint fait pénétrer le Christ en nous jusqu’au bout de nos doigts. Il pénètre notre corps… Moi, indigne, je suis la main et le pied du Christ ! Je meus ma main et ma main est tout Christ, je meus mon pied et je vois toute la gloire de Dieu, car la divinité de Dieu s’est unie à moi indivisiblement.

(Saint Syméon le Nouveau Théologien, XIe siècle)

Prière

C’est le Jour de la Résurrection, rayonnons de joie en cette solennité. Embrassons- nous les uns les autres. Disons frères, même à ceux qui nous haïssent. Pardonnons tout à cause de la Résurrection, et clamons : Christ est ressuscité des morts, par la mort Il a vaincu la mort. A ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie.


(Troisième nocturne de Pâques)

Prochaines sessions à Béthanie

Du 7 au 9 mai : « Fête de la Création et chantier de travail » Entretenir et embellir la nature à Béthanie. Merci pour votre aide !
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Du 14 au 16 mai : « La voie des Psaumes ». Apprendre à psalmodier pour enchanter sa vie avec la Parole de Dieu..
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Du 22 au 23 mai : Fête de la Pentecôte. Apprendre à vivre et à mourir avec le Christ ».
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Samedi à 16 H : conférence du Père Alphonse.
A 19H : Grandes Vêpres et imposition des mains « pour la guérison de l’âme et du corps ».
Dimanche à 10H30 : Tierces solennelles suivies de la Liturgie pentecostale et des Agapes fraternelles.

Informations

Les entretiens de Béthanie : chaque mois Père Alphonse et Rachel Goettmann s'expriment dans un entretien vidéo sur une thème de leur enseignement.
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