Lettre N°91

Gorze, avril 2012


Photo Marc (cliquer pour agrandir)

Chers Amis,

Dans le Nouveau Testament, la naissance de la communauté primitive commence par la proclamation joyeuse des onze apôtres aux deux disciples d’Emmaüs de retour à Jérusalem : Le Seigneur est vraiment ressuscité et Il est apparu à Simon. Et eux, les disciples d’Emmaüs, racontèrent à leur tour comment précisément, à table avec le Christ ressuscité, le voile est tombé et que leurs yeux s’ouvrirent (Lc 24,31-34).

A partir de ce moment-là, tout change : la transformation, le renouvellement de la vie ou la victoire sur la mort, c’est en réalité, une relation vivante, intime, prolongée avec le Christ ressuscité, le Vivant par excellence. Voilà le noyau de la révélation du Nouveau Testament.

Quand, dans les récits de la Résurrection, Jésus se tient tout-à-coup au milieu des disciples, alors que toutes les portes sont verrouillées, cela signifie que sa Présence est désormais universelle, Il n’ouvre pas la porte, Il ne se déplace pas pour arriver d’un point à un autre : Il n’est donc plus lié à l’espace et au temps, Il est partout et toujours présent. Donc : à chaque moment et au cœur même de n’importe quelle circonstance de la vie, Il est là et nous pouvons entrer en relation avec Lui. La nouveauté pascale est telle qu’on peut dire que désormais l’espace et le temps, le « ici et maintenant » sont les lieux de rendez-vous avec Dieu en Jésus Christ, l’éternité est entrée dans le temps et l’infini dans le fini des choses.

Et tout d’abord dans notre propre corps. Lors des apparitions, quand Jésus montre toujours ses mains et ses pieds percés, Il nous signifie que la Résurrection est entrée dans notre propre corps, dans notre souffrance et nos blessures, donc dans notre mort elle-même. Jésus s’identifie à nous : sa Résurrection reste dans la logique de l’Incarnation. C’est grâce à l’Incarnation que la Résurrection du Christ illumine tout : « le ciel, la terre et l’enfer »…tous nos enfers, tout évènement. Jésus a introduit sa Pâque dans l’histoire des hommes. Désormais l’Evènement Pascal habite à l’intérieur de tout évènement. D’où l’extrême importance, c’est le sens même de notre vie et de notre liberté, de faire de chaque instant une relation vivante avec le Christ, à travers tout ce qui m’arrive, de Le chercher au-dedans de tout. Devenir disciple de la vie au lieu d’en être la victime et l’esclave !

Subir ou « adhérer »…

Il s’agit là d’un style de vie pascale, c’est une manière d’être dans le tissu même de notre vie banale et quotidienne. Quand les textes parlent du « soleil levant » au matin de Pâques, c’est vraiment l’inauguration d’une vie radicalement nouvelle pour celui qui veut commencer dès maintenant : Entre dans la Joie de ton Maître, dit Jésus. Les premiers chrétiens trouvaient là leur seul bonheur, dans la joie du Christ ressuscité !

L’un des textes-clés de cette vie de relation, c’est lorsque Marie-Madeleine rencontre Jésus ressuscité le matin de Pâques près du tombeau. Elle ne Le reconnaît pas et croit que c’est le jardinier. Jésus l’appelle par son nom : « Marie » et Marie lui répond : « Rabbouni ». Voilà le mystère extraordinaire, dans cet univers de mort, du tragique du tombeau, de la solitude et du désespoir, la relation vivante du face à face avec le Ressuscité, l’expérience d’être personnellement appelé, jette tout dans une immense Joie, transforme tout. Il appelle ici Marie-Madeleine d’une vie morte à une vie de resssucité tout comme Il a appelé Lazare hors du tombeau par son prénom : « Lazare , sors ! »

Mais notre travail à nous, c’est de reconnaître le visage du Christ ressuscité sous le visage du jardinier, de l’étranger, du voyageur, de n’importe qui sur notre chemin de tous les jours. Il nous appartient, et c’est notre véritable ascèse, de nous interroger : quelle est cette pierre qui recouvre mon cœur et en fait un tombeau, quelle est cette puanteur qui m’enveloppe et ces bandelettes qui me ligotent ? Est-ce que je perçois la voix du Christ qui m’appelle ?

Tant que nous ne travaillons pas à cela, en en faisant le vrai but de la vie, aucune transfiguration n’est à espérer, c’est trop évident. Ressusciter dès maintenant demande à ce que l’on investisse jusqu’à la dernière once de son énergie. Rien n’est possible à une volonté divisée ou à l’amateurisme.

Que Dieu nous en préserve et nous accorde la grâce d’une décision ferme qui oriente toute notre vie !
Avec toute notre affection, à bientôt !

Père Alphonse et Rachel

Prière

Ce Jour, le Seigneur l’a fait,

Soyons dans la joie et dans l’allégresse, Hallelu Yah !

O belle Pâque, ô Pâque du Seigneur, Pâque très pure qui brille sur nous.

O Pâque, terme de toute tristesse,

Car c’est aujourd’hui que le Christ resplendit,

Sortant du tombeau comme du palais nuptial,

Il a rempli de joie les femmes par cette parole :

Annoncez aux apôtres : Christ est ressuscité

(Nocturnes des Pâques orthodoxes, strophe de St Jean Damascène)

Texte à méditer

Si nous sommes morts au péché, comment continuer de vivre en lui ? Ou bien, ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. Car si c’est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable.

(Ro 6,2-5)

 

Information

Le Chemin N°94 du Printemps 2012 est paru, au sommaire :

  • Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu par Rachel Goettmann
  • La ménorah ou le chandelier à sept branches par le Père Elias-Patrick Leroy
  • Par tes plaies, guéris mes plaies par Saint Isaac le Syrien
  • Notre-Dame de l'Atlas, en Afrique du Nord : Une Présence de “Visitation” selon Christian de Chergé par le Père Jean-Pierre Flachaire
  • Le mariage, chemin de sainteté par le Père Alphonse Goettmann
  • Quand la nostalgie éveille les douleurs : lecture du psaume 137 par le Rabbin Philippe Haddad
  • La question de la souffrance et du mal par Yves Lefebvre
  • Saint Antoine de Padoue par Sœur Barbara Verhels
Prochaines sessions à Béthanie

Du 28 avril au 1 mai : Guérison des maladies de l’âme. : Par les passions, les démons possèdent l’homme et exercent sur lui un pouvoir tyrannique qui disloque son être. Pour guérir de cette folie et être libéré de la souffrance qu’elle provoque, la sagesse des Pères offre une véritable méthode diagnostique et thérapeutique et une ascèse de libération par la connaissance de soi dans la "metanoïa" c'est-à-dire le retournement.
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Du 7 au 8 mai : Jonas ou le prophète malgré lui : Le Rabbin Philippe Haddad nous entraîne dans l’enseignement spirituel qu’on peut tirer de cette « course-poursuite » entre Dieu et le prophète récalcitrant. La connaissance de l’hébreu n’est pas requise mais il est souhaitable d’apporter une Bible en français ou en bilingue : français/hébreu.
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Du 18 au 20 mai : Trouver sa voix dans la voie des Psaumes : Psalmodier construit l’homme intérieur et transforme le quotidien. Découverte de sa voix dans la juste relation du souffle et du son.
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