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GUIDE SPIRITUEL
des lieux de retraite dans toutes les traditions
(Extraits)

Auteurs : Anne DUCROCQ

Éditeur : Albin-Michel

Extrait 4

Parole de retraitante

Entretien

«J'ai effectué ma première retraite à trente-deux ans, à un moment où je traversais une grave crise de couple. Je suis allée une semaine au monastère cistercien de Belval, dans le Pas-de-Calais. J'étais baptisée, mais j'avais tout rejeté à l'adolescence. J'allais tellement mal que j'avais besoin de prendre de la distance.

Une sœur du monastère m'a proposé d'avoir un échange. En mon for intérieur, je pensais : "Il n'y a que moi qui peux m'aider !" J'étais en analyse, je pensais dur comme fer qu'on pouvait s'en sortir par un travail sur soi.

J'assistais aux offices. Incompréhensiblement, cela me touchait énormément. J'allais à l'église avant l'heure. Je voyais arriver les sœurs dans leur robe de bure blanche et je pensais : "Ces femmes peuvent vivre sans homme." J'ai eu très peu d'échanges avec elles, je les observais. Je ne connaissais rien aux heures monastiques, je découvrais leur rythme. À mon retour, la rupture a été inévitable et j'ai fait une dépression pendant deux ans. J'ai aussi commencé à avoir des lectures spirituelles. Finalement, a posteriori, je pense que c'est cette séparation qui m'a ouverte au chemin.

Chez mon ostéopathe, il y avait un dépliant sur un centre spirituel orthodoxe, Béthanie en Lorraine. Cela parlait de halte au désert, de silence. Cela a attiré mon attention car je recherchais depuis longtemps un lieu où vivre le silence. J'ai mis cinq ans à me décider. J'avais peur du côté chrétien. Pour moi, être chrétien, cela signifiait être dogmatique, prêcheur et "béni-oui-oui". Ma famille pratiquait un peu "pour la forme", j'étais révoltée par cette tradition sans ferveur, sans vécu.

Arrivée à Béthanie, cela a été un vrai choc intérieur ! Les fondateurs, le père Alphonse Goettmann et son épouse Rachel, parlaient de Jésus à tout bout de champ ! J'ai néanmoins pu "entendre" quelque chose dans mes profondeurs, mais j'aurais aimé une spiritualité "moins Christ" ! Quoi qu'il en soit, étrangement, j'ai senti que j'avais trouvé un lieu juste pour moi. Je sentais des personnes dont le dire et le faire étaient en accord : ils enseignent ce qu'ils vivent.

Je pouvais enfin me permettre de me poser et d'ouvrir ma recherche spirituelle. On a partagé la semaine dans le silence et nous n'avons parlé entre retraitants que le dernier jour. Il n'y avait pas de bavardages, on échangeait sur l'essentiel, c'est si rare... Pour autant, à mon retour, pas grand-chose ne bougeait véritablement dans ma vie, même si, tout doucement, je pouvais commencer à me dire croyante. Je suis revenue à Béthanie un an plus tard, toujours pour la session de "Halte au désert".

Depuis, j'ai élargi l'horizon des sessions auxquelles je participe. Je suis également allée suivre plusieurs stages avec Annick de Souzenelle au centre orthodoxe Sainte-Croix (Dordogne) pendant quatre jours. C'est un très beau lieu, avec un beau soleil du Sud. On m'a conseillé de suivre une session "Agapé" avec la communauté des Béatitudes : on refait la trajectoire de sa vie sous le regard et l'amour du Christ, en cellule, seuls. C'est un travail de réconciliation très costaud. J'ai été un peu dérangée par le côté charismatique, mais j'ai fait en sorte que cela n'entrave pas le travail très intéressant qu'ils proposent, notamment sur le pardon. C'est là-bas que je me suis dit : "Je suis catholique, j'appartiens à une famille énorme, très diversifiée." Quel chemin !

Cet été, je vais enfin oser aller à Jérusalem, la terre sacrée, avec la communauté de Béthanie. C'est le père Alphonse et Rachel qui m'ont fait naître à ma vie intérieure. Quel cadeau défaire ce voyage avec eux !

Mes différentes expériences m'ont transformée. J'ai rencontré le père dominicain Philippe Maillard et sa communauté dans un quartier populaire de Lille, où je vis. C'est le quart-monde qui vient taper à sa porte ! J'y ai progressivement fait ma place, j'y vais plusieurs fois par mois. Philippe a accepté de devenir mon père spirituel. C'est un vrai père d'amour pour moi... »

Florence

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